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Publié le • Modifié le

Expo universelle 2025: la France renonce, indique le Premier ministre

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Des touristes devant la tour Eiffel à Paris, l'un des hauts lieux de l'exposition universelle de 1889 en France. REUTERS/Charles Platiau

La Coupe du monde de rugby 2023, les Jeux olympiques 2024 mais pas l'Exposition universelle 2025 : la France a retiré sa candidature à l'organisation de l'Expo pour des raisons principalement financières.


L'annonce du retrait français a été faite samedi 20 janvier dans un courrier adressé par le Premier ministre Edouard Philippe au comité d'organisation, révélé par le Journal du Dimanche (JDD). « J'ai décidé de ne pas donner suite à la candidature de la France à l'exposition universelle, qui sera retirée », écrit le chef du gouvernement à Pascal Lamy, président du Groupement d'intérêt public Expofrance 2025.

« Faiblesses structurelles »

Le Premier ministre pointe notamment les « faiblesses structurelles » du modèle économique du projet français et précise que dans le contexte de « redressement de nos finances publiques », il refuse de « grever l'avenir (...) d'engagements supplémentaires non maîtrisés ». Dans sa lettre adressée à M. Lamy, ancien directeur de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Edouard Philippe estime que les engagements qu'il avait demandés fin septembre concernant la « solidité du dispositif opérationnel proposé par la France » ne sont pas tenus.

La candidature française, bâtie autour du pôle scientifique et technologique de Paris-Saclay, au sud de la capitale, a été déposée fin septembre auprès du Bureau international des expositions (BIE). Pour le Premier ministre, le projet français n'a pas les moyens de se redresser dans « le délai qui nous sépare de la visite de la commission d'enquête du BIE » prévue à la mi-mars. Dans son courrier, Edouard Philippe relève également que « la marge d'aléas » du projet « ne permet pas d'absorber certaines hypothèses de fréquentations défavorables ».

Manque de partenaires privés

Les scénarios envisagés tablaient sur une fréquentation comprise entre 35 et 40 millions de visiteurs avec une hypothèse haute à 65 millions. Mais une fréquentation comparable à celle de l'Expo qui s'est tenue à Milan en 2015 (environ 20 millions de visiteurs) entraînerait une chute des recettes (de 1,3 milliard à 455 millions d'euros) qui représente un risque pour les finances publiques, selon Matignon. M. Philippe a mis enfin en avant, selon le JDD, le manque de partenaires privés prêts à s'engager.

Après un premier grand oral en novembre à Paris, une mission d'enquête sur le terrain programmée mi-mars, une autre présentation devant le BIE était prévue en juin avant le choix du pays hôte en novembre 2018. Le retrait de la France laisse la voie libre aux trois autres pays candidats pour accueillir l'Exposition de 2025: la Russie (Ekaterinbourg), le Japon (Osaka) et l'Azerbaïdjan (Bakou).

Décision « incompréhensible »

Le choix du pays hôte doit être annoncé le 15 novembre 2018. L'Exposition universelle doit se tenir du 1er mai au 31 octobre 2025, un an après les jeux Olympiques de Paris et deux ans après la Coupe du monde de rugby qui se tiendra également en France. Selon le JDD, la maire de Paris, Anne Hidalgo, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, et le président du comité de candidature, Jean-Christophe Fromentin, ont également été informés samedi de la décision.

« Je ne me retrouve pas dans cette France qui renonce, qui recule ou qui s'excuse », a réagi sur Twitter M. Fromentin. « Alors que nous pouvions après le rugby en 2023 et les JO en 2024 recevoir le monde avec l'expo universelle en 2025, cette décision est incompréhensible », a tweeté de son côté le vice-président du comité d'organisation, Luc Carvounas.

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