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Publié le • Modifié le

France: l'immigration et l'asile, pomme de la discorde pour la majorité

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Le Premier ministre Edouard Philippe et le président du parti La République en marche Christophe Castaner, le 13 décembre 2017 à l'Assemblée nationale. REUTERS/Benoit Tessier

Le Premier ministre reçoit ce mercredi 10 janvier 2018 une délégation de députés de la majorité, des parlementaires La République en marche (LREM) et Modem. Une opération déminage à quelques semaines de la présentation du projet de loi asile et immigration qui suscite un début de fronde au sein de la majorité.


Tout commence le 12 décembre. Une circulaire du ministère de l'Intérieur est diffusée. A la grande surprise d'une partie de la majorité, elle prévoit notamment de demander aux préfets de recenser les migrants dans les centres d’hébergement d'urgence. Une mesure d'une rare fermeté. Même la droite n'était pas allée jusque-là.

La circulaire est alors dénoncée par l'opposition, mais plusieurs voix se font entendre du coté de la gauche de la majorité. Exemple le 19 décembre, Sonia Krimi interpelle Gérard Collomb à l'Assemblée nationale : « Le traitement du séjour irrégulier en France est devenu une angoisse pour les étrangers, pour les associations dont on salue tous ici le travail », lance-t-elle.

Un ton rare de la part d'un député LREM envers un membre du gouvernement, et qui a d'ailleurs déclenché les applaudissements de l'opposition de gauche, députés Insoumis (FI) en tête. Et trois semaines plus tard, l'inquiétude de Sonia Krimi est relayée par d'autres marcheurs issus de la gauche.

Dans la seule journée de mardi, deux nouveaux avertissements. Le député de l’Oise, Aurélien Taché, dit regretter un manque de consultation. La présidente de la commission des Affaires sociales, l'ancienne socialiste Brigitte Bourguignon, va plus loin, évoquant une circulaire qui a froissé. Elle demande même des explications et prévient qu'elle sera vigilante lors des débats sur le projet de loi à venir.

Edouard Philippe veut montrer qu'il est à l'écoute

Avertissement pris au sérieux par le gouvernement, qui a pris plusieurs initiatives pour déminer le terrain. Et c'est l'objectif de la réunion du jour. En recevant des députés de la majorité, Edouard Philippe veut montrer qu'il est à l'écoute, que la loi se fait non pas sans les députés, mais avec eux. « Il est naturel que les parlementaires soient exigeants vis-à-vis du gouvernement, ils sont là pour ça », a convenu le Premier ministre dans le Journal du dimanche.

Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, fait lui aussi de la médiation. Il s'est lancé dans des rencontres, par petits groupes, avec des députés de la majorité. Il est d'ailleurs prévu que le locataire de la place Beauvau vienne parler à l'ensemble du groupe parlementaire autour du 20 janvier à l'Assemblée nationale.

Le défi des cadres de La République en marche

Le gouvernement fait donc tout pour circonscrire la rébellion et éviter que cela se reproduise. C'est le grand enjeu autour de cette réforme : réussir à maintenir l'union d'un parti qui regroupe des députés d'horizons très différents et qui, jusque-là, ont réussi à parler d'une même voix, même lors de la réforme du Code du travail.

Avec cette loi sur l'asile et l'immigration, avec cette volonté affichée du gouvernement de durcir les conditions de la migration légale et d'augmenter le taux d'expulsions, La République en marche est peut être à un tournant de sa courte histoire. Mardi, le député Jean-Michel Clément a d'ailleurs franchi le Rubicon, se disant en faveur de la création d'un groupe parlementaire de gauche au sein de la majorité.

Il s'agit d'un défi pour le chef du groupe parlementaire, Richard Ferrand, et le tout nouveau patron du parti, Christophe Castaner, qui auront pour mission de tout faire pour tuer dans l’œuf ce début de fronde.

→ À relire : La droite embarrassée par le projet asile et immigration du gouvernement

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