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France Gérard Collomb

Publié le • Modifié le

France: Gérard Collomb reçoit les syndicats de policiers

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Manifestation de policiers dans les rues de Paris (décembre 2016). REUTERS/Gonzalo Fuentes

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, reçoit ce mercredi les syndicats de police. Dix jours après l’agression de Champigny-sur-Marne, la question des violences envers les forces de l’ordre sera largement abordée.


Taper du policier

Ces quinze dernières années, les violences sur les forces de l’ordre ont plus que doublé. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, en 2016, 26 agents (policiers et gendarmes) sont décédés dans l’exercice de leur fonction, contre 14 en 2015. En 2016 toujours, le ministère dénombre 5.700 policiers blessés en mission. Des chiffres qui font écho à l’agression violente de Champigny-sur-Marne, dans la nuit du 31 décembre 2017. Appelés à l’origine pour une soirée qui dégénérait, un capitaine a été frappé au visage et une gardienne de la paix a été rouée de coups à même le sol.

Des agressions plus violentes et plus fréquentes que dénoncent les forces de l’ordre : « Avant, vous aviez des malfrats. Vous y alliez, il y avait ce « jeu » de l’interpellation, mais on en restait là, se souvient un policier du Val-de-Marne (94), qui préfère rester anonyme. Aujourd’hui, on est sur de l’agression gratuite. Taper du flic. On veut faire mal à la police et à l’Etat », compare le cinquantenaire, ses sourcils noirs froncés.

Une montée des agressions dites « gratuites » que le syndicat Alliance Police Nationale explique notamment par l’action que mènent les forces de l’ordre sur le terrain : « C’est parce que nous dérangeons ! Quand les policiers tentent de faire des contrôles pour mettre un terme aux trafics (…) quelle est la réponse apportée par les jeunes voyous des quartiers ? C’est souvent de s’en prendre aux policiers pour dire « Attention, ne touche pas à mon territoire », expliquait mercredi, au micro de RFI, Stanislas Gaudon, le secrétaire national d’Alliance.

Des peines fermes pour les agresseurs

Dans ce climat de violences quotidiennes auquel les forces de l’ordre disent être confrontées, les syndicats de policiers attendent beaucoup de la réunion avec Gérard Collomb ce mercredi après-midi. En premier lieu, ils demandent que les peines prévues par la loi soient systématiquement appliquées envers les auteurs de violences contre les forces de l’ordre.

« Si c’est six mois d’emprisonnement fermes, ça devra être six mois d’emprisonnement fermes », lâche en guise d’introduction Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat SGP Police Force Ouvrière. « On ne pourra pas dire : il (l’agresseur) va faire du travail d’intérêt général ou il va faire une mission éducative. Non ! Il doit aller en prison. Terminé », insiste le syndicaliste avec détermination.

Qu’ils soient plutôt favorables aux peines planchées ou aux peines minimums, la philosophie de tous les policiers reste la même : celui qui s’en prend aux forces de l’ordre doit être puni de manière exemplaire, sans aménagement de peine ni de sursis possibles. « Aujourd’hui nous demandons que les sursis soient systématiquement révoqués en cas de violences contre les forces de l’ordre », tempête Yves Lefebvre. « Ce serait simpliste de vouloir alourdir les peines. Faisons déjà appliquer, mais réellement appliquer, celles qui sont prévues dans le code de procédure pénale », conclut-il.

Mieux protéger les policiers, c’est selon eux faire de la case prison un passage obligatoire dans la vie de quiconque agresserait les forces de l’ordre. La peur doit changer de camp.

4 ou 5 policiers par voitures

La police souhaite également un renforcement des patrouilles sur le terrain. Lors de l’agression de Champigny-sur-Marne (Val de Marne) le soir du Nouvel An, les fonctionnaires étaient deux à bord d’un véhicule. Insuffisant, selon Gérald Rivière, le porte-parole de l’Union des Policiers Nationaux Indépendants (UPNI) : « On n’en est même plus à se dire il faut tourner à trois (dans les voitures). Il faut faire des patrouilles à quatre ou cinq », souligne-t-il.

Plus de policiers dans les voitures, cela signifie plus d’effectifs disponibles mais également du meilleur matériel garant, selon l’UPNI, de la sécurité des forces de l’ordre. « Dans certaines voitures, vous avez un système radio qui ne passe pas partout. Le bouton d’appel d’urgence ne fonctionne pas… » un long soupire termine la phrase.

Avant même de proposer des mesures concrètes, lors de cette rencontre, Gérard Collomb devra se montrer très attentif aux doléances de ce corps qui se dit à bout. « Ce n’est pas qu’un caprice de policiers, c’est une question de sécurité publique », résume Gérald Rivière de l’UPNI. Pour les syndicats, dès ce mercredi soir, la balle sera dans le camp du Gouvernement.

 

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