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Publié le • Modifié le

Mort de Rémi Fraisse: les juges délivrent un non-lieu en faveur du gendarme

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Des policiers font face à une manifestation à Toulouse, suite à la mort de Rémi Fraisse, le 22 novembre 2014. AFP PHOTO/PASCAL PAVANI

La justice s'est prononcé sur le dossier Rémi Fraisse, le jeune militant écologiste mort dans l'explosion d'une grenade sur le site du barrage contesté de Sivens en 2014. Un non-lieu a été prononcé en faveur du gendarme. Le père de Rémi Fraisse a aussitôt fait part de sa colère. Il estime que la justice est « aux ordres ».


Une ordonnance de non-lieu en faveur du gendarme ayant tiré la grenade qui a tué le militant écologiste Rémi Fraisse a été délivrée ce mardi 9 janvier par les juges d'instruction de Toulouse. Le père de la victime a dénoncé immédiatement une justice « aux ordres ».

Il aura néanmoins fallu une longue instruction et de nombreuses expertises pour que les magistrats concluent à un épouvantable accident. Rémi Fraisse, jeune militant écologiste et pacifiste est mort le 26 octobre 2014 sur le site du barrage de Sivens, victime d’un tir de grenade offensive. Il manifestait contre un projet de construction de barrage dans le sud-ouest de la France. La grenade, lancée dans la pénombre, était venue se loger sur le sac à dos du jeune homme.

« Il n'y a bien évidemment aucun geste volontaire d'agressivité de la part du gendarme lorsqu'il s'emploie à repousser les assaillants, insiste son avocat, Me Jean Tamalet. Il emploie une arme non létale justement pour ne blesser personne. Et de surcroit, dans la manière dont le geste est réalisé et dans le choix de l'arme en questions, les conclusions de cette longue instruction sont qu'il n'y a pas de faute au regard des règles qui étaient alors applicables. »

« Une justice aux ordres »

Mais la famille de Rémi Fraisse s'insurge, invoquant « la raison d'Etat ». Et le père de la victime de rappeler que le gouvernement avait banni ces grenades offensives après cette tragédie.

Pour le collectif UNPA (« Urgence notre police assassine »), la justice a épousé fidèlement la thèse des gendarmes et du gouvernement - et ce cas est loin d'être isolé, selon ce collectif qui a recensé, en France, des dizaines de morts ces dernières années liés à des violences et bavures policières. Mais la grande majorité des procès se soldent par un non-lieu pour le policier ou le gendarme concerné, affirme UNPA. Amal Bentoussi, porte-parole du collectif, a accompagné la famille de Rémi Fraisse pendant ces investigations, selon elle lacunaires. Elle dit aujourd'hui son amertume : « Dès le départ cette instruction, elle a été faussée puisque les déclarations de Cazeneuve, du préfet ou du procureur à ce moment-là étaient fausses, et du coup on n'a pas le sentiment que cette justice est totalement neutre. C'est une justice quui est aux ordres de la police et du gouvernement. La justice n'est pas si indépendante que ça, on s'en rend bien compte dans toutes ces affaires qui se succèdent depuis de nombreuses années, notamment sur les non condamnations qui se cumulent. »

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