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Publié le • Modifié le

France: deux nouveaux suicides dans des forces de l'ordre

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Au total, 45 policiers et 16 gendarmes ont mis fin à leurs jours depuis le début de l'année 2017. REUTERS/Gonzalo Fuentes

L’épidémie de suicides se poursuit dans les forces de l’ordre françaises. Le commissaire Antoine Boutonnet, ancien responsable de la sécurité des stades, a mis fin à ses jours dimanche 12 novembre 2017. Le ministère de l'Intérieur a immédiatement réagi, évoquant la mise en place d’un plan de prévention des passages à l'acte dans la police et la gendarmerie.


Avec la mort de l’ex-patron de la lutte contre le hoologanisme et celle d’une femme gardien de la paix dans la région de Montélimar ce week-end, ce sont au total 45 policiers et 16 gendarmes qui ont mis fin à leurs jours depuis le début de cette année. Un décompte macabre, tenu par les syndicats de policiers. Ces derniers dénoncent l’usure d’une profession très sollicitée.

« Il n'y a pas de réelle prise en compte des problèmes humains dans la police, estime Guillaume Lebeau, de l’association Mobilisation des policiers en colère (MPC). Dans mon cas personnel, je dois avoir environ 200 heures supplémentaires, pas payées et difficilement récupérables. Parce que pour récupérer les heures supplémentaires, il faut pouvoir poser des journées de repos. Mais depuis les attentats, on nous a augmenté notre temps de présence. »

« Il faut qu'on prenne en considération que les policiers sont des êtres humains »

Surcharge de travail et perte de sens de la mission, le cocktail ne fait pas bon ménage. Pour Alexandre Langlois, du syndicat de police VIGI-Police, c’est l’institution qu’il faut réformer. « Depuis 1980, nous avons eu 500 de nos collègues qui sont morts en service et 1 500 qui se sont suicidés. La structure police nationale tue trois fois plus de policiers que les délinquants et les criminels eux-mêmes », constate-t-il.

« Au bout d'un moment, il faut vraiment qu'on prenne en considération que les policiers sont des êtres humains », ajoute Alexandre Langlois. Des êtres humains de plus en plus confrontés au divorce, à la dépression et au suicide. Malgré le recrutement de psychologues et la relance des cellules de veille dans un plan présenté par l'ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve en 2015.

Nos institutions ne peuvent plus pousser à la dépression et au suicide nos collègues. On alerte le ministère de l'Intérieur depuis maintenant quasiment 10 ans. Pourquoi on arrive à une telle situation?
Alexandre Langlois, syndicat de police VIGI 13/11/2017 - par Stéphane Lagarde Écouter

→ Dans nos archives : Des pôles de vigilance pour prévenir les suicides dans la police française

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