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Publié le • Modifié le

De retour en France, Yoann Barbereau demande réparation au Quai d’Orsay

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Yoann Barbereau, lors de sa conférence de presse, ce 10 novembre 2017 à Nantes. REUTERS/Stephane Mahe

Le Français Yoann Barbereau, qui a fui en France après avoir été condamné par la justice russe, a accusé ce vendredi le gouvernement français de n'avoir pas su le « protéger », exigeant une indemnisation. L’ancien directeur d’Alliance française en Sibérie se dit victime d’un complot russe. De son côté, Moscou a réagi en annonçant de nouvelles poursuites contre le Français pour avoir quitté illégalement le pays.


Revenu sur le territoire français depuis deux jours, Yoann Barbereau, en fuite après avoir été condamné en Russie, demande à être blanchi par la justice et indemnisé. « J'attends d'être lavé de toute accusation et de toute condamnation et de retrouver une liberté de mouvement totale », a déclaré l'ancien directeur de l'Alliance française d'Irkoutsk en Sibérie, au cours d'une conférence de presse à Nantes, ce vendredi.

Yoann Barbereau a été condamné par contumace en décembre 2016 à 15 ans de camp à régime sévère par la justice russe pour des actes sexuels sur sa fille. Il a toujours nié les faits. Ce vendredi, son avocat a demandé à ce que « la diplomatie prenne acte qu'elle n'a pas su protéger un agent du ministère des Affaires étrangères et prenne des dispositions pour indemniser ce qu'a subi Yoann ».

Yoann Barbereau, victime d’un « kompromat » ?

Son avocat, Olivier Arnod, a précisé qu'il souhaitait que la Russie transmette son dossier à la justice française. « Avec un tel dossier, la justice française ne pourra que constater l'inanité des charges et prononcer un non-lieu », a estimé Me Arnod.

Après quatorze mois de clandestinité, Yoann Barbereau se dit victime d’un « kompromat », une technique régulièrement utilisée par les services russes consistant à monter de toutes pièces des informations compromettantes. Dans la majorité des cas, le « kompromat » est une sex-tape. Pour Yoann Barbereau, il s’agit d’accusations de pédophilie montées par les autorités russes grâce, selon lui, à des images piratées sur son ordinateur en 2015, et retouchées ensuite.

Du temps de l’URSS, le KGB a souvent fait usage de « kompromat », en particulier contre les étrangers, pour les faire chanter. Aujourd’hui, la technique du « kompromat » est plus souvent utilisée pour des affaires de politique intérieure, pour décrédibiliser les voix critiques du pouvoir. L’an dernier, un ancien Premier ministre, Mikhail Kassianov, membre du parti d’opposition Parnas, a été filmé durant ses ébats avec son assistante personnelle dans un appartement privé. La vidéo a été diffusée sur la chaîne NTV, contrôlée par l’Etat. Mais cette technique ne touche pas que des personnalités, elle est régulièrement utilisée, au niveau local, pour des règlements de compte, voire des affaires privées.

Moscou annonce de nouvelles poursuites contre Yoann Barbereau

De son côté, la Russie a annoncé de nouvelles poursuites contre l’ancien directeur de l’Alliance française d’Irkoutsk. « Yoann Barbereau a déclaré ouvertement qu'il avait quitté illégalement la Russie et c'est aussi un délit passible de poursuites criminelles. Les autorités russes vont prendre toutes les mesures nécessaires pour engager des poursuites à l'encontre de M. Barbereau », a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué lapidaire.

La Russie estime parfaitement fondées les accusations portées contre l’ancien directeur de l’Alliance française d’Irkoutsk, et rappelle que celui-ci a fui une première fois avant la tenue de son procès, alors qu’il était assigné à résidence à son domicile.

En revanche, la Russie n’a pas dit un mot des déclarations de Yann Barbereau portant sur son séjour clandestin à l’ambassade de France de Moscou, ni sur les conditions mystérieuses de sa fuite hors de Russie, explique notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot. La diplomatie russe se contente d’affirmer qu’elle reste en contact avec les autorités françaises dans ce dossier– et rappelle qu’un mandat d’arrêt international a été émis à l’encontre de Yoann Barbereau.

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