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France Allemagne Emmanuel Macron Première Guerre mondiale

Publié le • Modifié le

Depuis l’historial franco-allemand, Emmanuel Macron prône l’apaisement

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Emmanuel Macron et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier se donnent l'accolade, sur le Hartmannswillerkopf, ce vendredi 10 novembre. REUTERS/Christian Hartmann

Emmanuel Macron a inauguré ce vendredi le musée historique franco-allemand du Hartmannswillerkopf, en Alsace. Ce musée ouvert au public depuis le mois d'août est situé sur une montagne du massif des Vosges où ont eu lieu des combats parmi les plus sanglants de la Première Guerre mondiale, avec 25 000 morts. Le président français était accompagné de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeyer.


Avec notre envoyé spécial à Hartmannswillerkopf, Julien Chavanne

Les tranchées, où des milliers de soldats allemands et français se sont affrontés, sont encore visibles. 102 ans plus tard, les chefs d’Etat français et allemand ont marché, ensemble, dans ce lieu symbolique du Hartmannswillerkopf. Cela restera l’image forte de la journée. « Dans ces tranchées espacées de quelques mètres, nous croyons revoir le visage des morts », raconte d’un ton grave le président français.

Sur le sommet battu par un vent glacial, la cérémonie a laissé une grande place à la jeunesse. Devant des élèves franco-allemands, Emmanuel Macron a rappelé l’importance de faire vivre cette réunification. Il leur a aussi délivré un message très politique. « J’ai gagné l’élection présidentielle en France face à une candidate d’extrême droite. La seule réponse, c’est d’abord avoir une politique efficace », a-t-il déclaré.

Emmanuel Macron veut profiter des commémorations de cette année pour tenter d’apaiser les fractures de la société : « 2018 ne sera pas une année de triomphalisme, mais un miroir tendu à notre monde d’aujourd’hui qui, si souvent encore, choisit la radicalité et la violence comme réponses à des problèmes qui appelleraient plutôt au dialogue et à la main tendue ».


Macron et le devoir de mémoire

Ce samedi 11 novembre, Emmanuel Macron doit se rendre sur la tombe du Soldat inconnu sur les Champs-Elysées. Mais pour l'année du centenaire de la fin de la Première Guerre, Emmanuel Macron a l'intention de faire le tri dans les célébrations.

Les occasions ne manqueront pas, mais un conseiller du président l'assure : « ce ne sera pas une date, un discours ». L'Elysée cherche à éviter d'éparpiller la parole présidentielle dans d'innombrables commémorations.

Emmanuel Macron ne veut pas intervenir uniquement en fonction du calendrier, mais également par rapport aux blessures de la société. Comme il l'a dit ce vendredi au musée historique du Hartmannswillerkopf, il souhaite plutôt tendre un « miroir » au monde d'aujourd'hui, pour tenter d'apaiser les colères et aller chercher ceux qui se sentent exclus de la mémoire collective.

Cette année, le nombre des participations du président aux commémorations sera donc réduit. Une façon aussi de se démarquer de son prédécesseur, François Hollande.

Enfin une chose est sûre, Emmanuel Macron ne célébrera pas Mai 68. Un terrain glissant. L'évènement reste polémique et marqué à gauche politiquement.
« Emmanuel Macron ne décernera pas un pavé d'or à Daniel Cohn-Bendit », lâche un proche du chef de l'Etat pour évacuer le sujet.

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