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Publié le • Modifié le

France: le ministère des Armées visé par la justice pour favoritisme

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Un avion Antonov ayant servi au pont aérien de l'opération Serval au Mali, sur la base d'Istres. RFI/Olivier Fourt

En France, il y a comme un parfum de scandale autour des pratiques du ministère des Armées  concernant la location des avions gros porteurs utilisés pour soutenir ses opérations extérieures (Opex). Des enquêteurs du parquet national financier (PNF) ont perquisitionné mardi 10 octobre un centre de planification logistique de l'état-major à Villacoublay près de Paris. Par ailleurs, des gendarmes se sont rendus également au siège d'un prestataire spécialisé dans la location d'avions cargo, la société ICS. En cause, la location jugée « excessivement coûteuse » de gros-porteurs sur le marché privé. Selon le journal Le Monde qui révèle l'affaire, chaque année la facture globale du transport aérien stratégique, s'élève à environ 50 à 60  millions d'euros et l'armée française ne dispose d'aucun avion pouvant effectuer ces missions.


Dès octobre 2016 la Cour des comptes avait pointé des « anomalies » dans l'attribution des contrats d'affrètements. Puis en début d'année, le député LR François Cornut Gentille, rapporteur du budget de la défense à la commission des Finances, avait lui aussi dénoncé des fragilités « juridiques et financières » sur la question du transport stratégique.

En clair, la France, qui ne possède pas d'avions très gros porteurs, loue à l'étranger des Antonov 124 Russes et Ukrainiens, d'une part par le biais d'une agence de l'Otan, d'autre part en payant les services d'un affréteur français, ICS.

Problème, selon Le Monde, cette compagnie est soupçonnée de favoritisme. Jusqu'en 2016, elle aurait raflé près du tiers des contrats de sous-traitance pour le transport stratégique, et en 2017, selon un document officiel du ministère des Armées, cité par le journal, ses tarifs auraient même bondi de 37%, à 67 000 euros l'heure de vol !

Depuis longtemps les concurrents d'ICS, qui aimeraient bien récupérer le marché, assurent que les dés sont pipés. Le problème, c'est que ces avions-cargos sont rares. Conçus du temps de l'Union soviétique, il n'en reste plus que quinze exemplaires et ils sont très demandés dans le monde. L'armée  aurait donc cherché à renouveler les contrats sans trop se poser de questions afin d'être sûre de disposer des avions indispensables pour soutenir ses opérations extérieures.

La justice, elle, en revanche, s'interroge. Selon Le Monde, l'enquête a été ouverte avant l'été sous la direction du parquet national financier.

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