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Publié le • Modifié le

Procès Merah: le récit glaçant d'un rescapé d'Ozar Hatorah

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La chambre du tribunal d'assises au se tient le procès du frère de Mohamed Merah. REUTERS/Philippe Wojazer

Le procès d'Abdelkader Merah, frère de Mohamed Merah, se poursuit devant la cour d'assises de Paris pour complicité. Mardi, un rescapé de l’école juive d'Ozar Hatorah de Toulouse où Mohamed Merah a tué quatre personnes dont trois jeunes enfants en 2012 a témoigné. Yacov David Soussan a livré à la cour un récit glaçant.


Yacov David Soussan n’est pas qu’un simple témoin, c’est aussi un rescapé. Bénévole à l’école Ozar Hatorah de Toulouse, il se trouvait au volant d’une camionnette devant l’établissement ce lundi 19 mars 2012 à l’heure de rentrée des classes. Puis tout est allé très vite, la scène n’a duré que 36 secondes, Mohamed Merah a surgi et abattu un père et trois enfants avant de faire feu sur lui. Son témoignage.

« Les premières secondes, je l’ai vu s’approcher, il a fait un mouvement circulaire. Je n’ai pas très bien compris ce qu’il faisait. Ce n'est que quand je l’ai vu sortir son arme de poing, quand je l’ai vu sortir vraiment et tirer à bout touchant, que j’ai compris que c’était quelqu’un qui était en train d’abattre des amis à moi. J’ai vu les enfants paniquer, j’ai vu les enfants courir, j’ai vu la fille [du rabbin] monsieur Monsonégo essayer de s’échapper de cette horreur, elle pensait comprendre ce qui se passait bien qu’elle était petite, elle pensait comprendre que quelque chose de grave arrivait.

Je l’ai vu tirer de sang-froid, sans aucune hésitation. Abattre non pas à bout portant, mais à bout touchant. Puis il est revenu sur ses pas et a tiré une fois de plus sur les corps au sol. Quand il a fini de tirer sur M. Sandler et ses deux enfants et Myriam Monsonégo, je l’ai vu après s’approcher de moi, donc il a dû remarquer les camionnettes quelques instants après. Il lève son arme, sans hésitation, il tire, j’ai eu la chance de pouvoir faire une marche arrière, ça n’a atteint que le capot, mais on voit que l’impact de balle était bien précis, pour essayer d’atteindre le maximum de personne.

Il avait son casque, mais on sentait une détermination dans ses tirs, on sentait une détermination dans ses actes, tout était calculé, c’était vraiment précis. Donc effectivement, quand il a levé l’arme contre moi, je ressentais une haine, une envie de tuer, d’abattre le plus de personnes possible. »

A l'issue de ce témoignage, l'accusé Abdelkader Merah est interrogé par les parties civiles. A-t-il honte de ce qu'a fait son frère ? Pour la première fois, Abdelkader Merah formule des regrets : « Je suis triste et désolé », dit-il, sans pour autant convaincre les familles des victimes.

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