rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

France

Publié le • Modifié le

Militaires renversés à Levallois: le véhicule intercepté, un homme interpellé

media
Pour échapper à son arrestation, l'homme suspecté d'être l'auteur de l'attaque a percuté plusieurs véhicules, et les policiers ont fait feu à plusieurs reprises, REUTERS/Pascal Rossignol

Une voiture de marque BMW a foncé sur des militaires de l'opération Sentinelle ce mercredi matin 9 août à Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, faisant six blessés, a annoncé la préfecture de police de Paris. Ce même jour en début d'après-midi, le véhicule soupçonné d'avoir percuté les militaires a finalement été intercepté sur l'autoroute A16 en direction de Calais et son conducteur, blessé par balle par la police, a été interpellé.


Ce mercredi 9 août vers 6h TU du matin, une voiture de marque BMW fonce sur des militaires dans une banlieue du nord-ouest de Paris, faisant six blessés, selon la préfecture de police de Paris. Dans un communiqué, Florence Parly, la ministre des Armées, évoque « un acte lâche ».

Une interpellation musclée

Une chasse à l'homme est lancée, à laquelle participent quelque 300 policiers. En début d'après-midi, le véhicule est intercepté sur l'autoroute A16 en direction de Calais et son conducteur, blessé par balle par la police, est interpellé, a-t-on appris de sources concordantes.

« L'homme interpellé, né en 1980, est susceptible d'être l'auteur » de l'attaque de ce mercredi, « car il était à bord du véhicule recherché et a tenté de prendre la fuite », selon une source judiciaire. Le conducteur blessé a été évacué, selon cette même source.

Touché par cinq balles, le suspect -qui n'était pas armé- est un Algérien en situation régulière sur le territoire français. Le président Emmanuel Macron a adressé sur Twitter ses « félicitations aux forces de l'ordre qui ont appréhendé l'auteur de l'attaque ».

Une opération « mouvementée» près de la commune de Marquise. C'est là qu'habite Alexandre Rougemont, un jeune homme de 20 ans qui circulait en milieu de journée sur cette autoroute. Il raconte ce qu'il a vu de cette interpellation dont il a été témoin.

« Je conduisais sur l’autoroute […] Je me suis engagé sur la bretelle Marquise/Calais. Là, j’ai commencé à voir des voitures qui me doublaient. C’était des voitures banalisées avec les gyrophares sur le toit. On m’a fait signe de serrer sur la droite. J’ai arrêté net et j’ai mis mes warnings. Là les policiers sont tous descendus de la voiture. Toute l’autoroute a été bloquée et j’ai entendu des coups de feu. J’ai vu un policier blessé qui s’est jeté sur la bretelle d’arrêt d’urgence. Deux, trois hommes des forces de l’ordre se sont mis autour de lui pour le protéger. […] J’ai ressenti beaucoup de stress, j’ai eu très peur, je me suis dit : c’est une scène de film, c’est ce qu’on voit à la télé. »

« Véhicule prépositionné »

L'attaque des soldats du 35e régiment d'infanterie de Belfort a eu lieu devant un casernement militaire située au centre de la ville de Levallois. Selon son maire Patrick Balkany, interrogé par BFM TV, « des militaires de l'opération Sentinelle sont sortis en rang pour faire leur tournée et il y a un véhicule BMW qui était prépositionné dans l'allée et qui leur a foncé dessus au moment de retrouver leur véhicules ».

« C'est sans aucun doute un acte délibéré parce que ça s'est passé dans une voie qui est un cul-de-sac devant le casernement de ces militaires et ce véhicule, visiblement, attendait qu'ils sortent pour rejoindre leur véhicule et leur a foncé dessus », a-t-il encore ajouté.

Trois militaires ont été très légèrement blessés lors du choc, alors que trois autres militaires, admis à l'hôpital militaire Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), « ne sont pas gravement blessés, comme nous avions pu le croire un peu plus tôt dans la matinée », a indiqué Mme Parly, parlant de « nouvelles rassurantes sur leur état ».

« Enorme bruit »

Un habitant de l'immeuble devant lequel les événements se sont passés a d'abord entendu « un énorme bruit » avant de voir deux hommes « inanimés » à terre. « Vers 7h40 ce matin, j'ai entendu un énorme bruit, j'ai d'abord cru qu'un échafaudage était mis en place », a raconté à l'AFP Thierry Chappé, résidant au 10e étage de l'immeuble de la place de Verdun, où se sont produits les faits. Sans être témoin de l'impact, il a ensuite vu depuis son balcon « deux militaires à terre, semblant inanimés », entourés d'une dizaine d'autres militaires. Les deux blessés « ont rapidement été mis en position latérale de sécurité », a-t-il encore raconté.

Depuis janvier 2015, la France est visée par une vague d'attentats jihadistes qui a fait au total 239 morts, les derniers ciblant tout particulièrement les forces de l'ordre, sur des sites emblématiques. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est rapidement saisie de l'enquête.

La police sécurise les abords de l'attaque du 9 août contre les militaires de l'opération Sentinelle. REUTERS/Benoit Tessier

REPORTAGE
On a vu un déploiement de voitures de pompiers, du Samu, de Vigipirate aussi, et on a vu les blessés être embarqués, soit dans une civière pour celui qui était le plus sérieusement blessé, soit en fauteuil roulant ou à pied pour les deux blessés plus légers.
Sur les lieux de l'attaque à la voiture-bélier à Levallois-Perret 09/08/2017 - par Raphaël Reynes Écouter

Les précédentes attaques contre les forces de l'ordre sur le territoire français

Deux policiers en faction tués devant le siège de Charlie Hebdo, une policière municipale abattue à Montrouge, près de Paris. Dès le retour du terrorisme sur le sol français, en 2015. Les forces de l'ordre ont été prises pour cible.

Le 1er janvier 2016, une attaque très similaire à celle de ce mercredi à Levallois-Perret est menée près de Lyon. Un automobiliste fonce sur 4 soldats de l’opération Sentinelle alors qu’ils sont en faction devant la mosquée de Valence. Six mois plus tard, c’est à Magnanville, au nord-ouest de Paris, qu’un homme assassine deux policiers qu’il avait suivis jusqu’à leur domicile. Le 3 février dernier, au Carrousel du Louvre, à Paris, des militaires de l’opération Sentinelle sont attaqués par un homme armé de deux machettes. Et la même opération Sentinelle est à nouveau visée, le 18 mars, cette fois à l’aéroport d’Orly.

Citons également l’attaque au marteau contre un policier, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, début juin et deux attentats sur les Champs-Elysées : le 20 avril contre des policiers en faction et le 19 juin contre un fourgon de gendarmerie.

A chaque fois, les assaillants disaient s’en prendre à un symbole, celui de l'Etat français que représentent les forces de l’ordre…

Chronologie et chiffres clés