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France Commerce et distribution consommation

Publié le • Modifié le

France: soldes d’été 2017, un bilan mitigé

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Les commerçants indépendants du textile et de l'habillement ont tiré un bilan négatif des soldes qui se terminent ce mardi 8 août. REUTERS/Benoit Tessier

Mardi 8 août, dernier jour des soldes d'été en France. Traditionnellement très attendue par les consommateurs, la période ne suscite plus autant l'engouement. D'après un sondage, 75% des Français en ont profité pour réaliser de bonnes affaires, mais ce chiffre est en recul d'1.3 point par rapport à l'an dernier. C'est donc un bilan en demi-teinte pour les commerçants qui souhaiteraient des aménagements.


Certes, le bilan est mitigé, mais il aurait pu être pire, car à l'issue du premier jour des soldes, il était très morose. Les ventes affichaient moins 15% par rapport à l'an passé sur la même période, et une fréquentation en recul de 7,6 points.

Plusieurs raisons expliquent ce désintérêt des consommateurs. La multiplication des promotions et des ventes privées rendent ce rendez-vous moins attractif et lui font perdre son caractère exceptionnel. Le consommateur a du mal à s'y retrouver et ne sait plus quel est le juste prix de l’article acheté. Finalement, le beau temps, l'arrivée des touristes et l'ouverture dominicale conjugués à de fortes remises de 50 à 70% dès la première semaine ont sauvé la période des soldes d'été. Sans surprise ce sont les achats dans l'habillement qui arrivent en tête, en second les articles de sport, puis la beauté, suivis des produits high-tech, ceux concernant la maison arrivent en dernier.

Cette légère amélioration n'efface pas le mécontentement croissant des commerçants. A Paris, 57% d'entre eux se déclarent insatisfaits du chiffre d'affaires réalisé durant ces dernières soldes d'été.

En France, les soldes sont très réglementés. C'est le seul moment de l'année où les commerçants sont autorisés à vendre à perte. Pour la petite histoire, les premiers soldes, car c'est un nom masculin, datent du XIX siècle. En argot, le mot désignait un morceau de tissu n'ayant pas trouvé preneur. La pratique du rabais afin d' écouler les stocks d'invendus de la saison est apparue vers 1850 avec l'avènement des grands magasins. Son fondateur serait un dénommé Simon Mannoury, propriétaire du bon Marché dans le 6e arrondissement de Paris, qui à l'époque existait sous l’enseigne « le Petit Saint Thomas ». Les soldes rencontrent rapidement le succès et dès 1906 sont encadrés par la loi. Depuis 1997, le législateur a fixé deux périodes de soldes par an, solde d'été, solde d'hiver et depuis 2008 leur durée est de six semaines chacune.

Mais aujourd'hui de nouveaux acteurs sont entrés en course et bousculent l'organisation des soldes. Les petits commerçants se disent victimes de l'e-commerce, mais aussi des moyens de communication dont disposent les grandes enseignes pour organiser des ventes privées avant le coup d'envoi officiel des soldes.

Revoir le dispositif

Les soldes ne profitent pas équitablement à tous les commerçants d'où la proposition d'en changer les règles. L'avantage va clairement aux acteurs présents sur internet, qui affichent une hausse de 15% sur les sites français. Les grandes enseignes de la distribution ont elles aussi sorti leur épingle du jeu et les centres commerciaux ont attiré beaucoup plus de clients que les petits commerces de centre-ville. Un déséquilibre que ces derniers veulent rétablir, c'est pourquoi ils réclament une concertation avec tous les acteurs du secteur afin de définir de nouvelles règles qui profiteraient à tout le monde.

Le ministre de l'Economie, Bruno le Maire, s'est engagé à ouvrir les discussions dès la rentrée. La Chambre de commerce et d'industrie de Paris et d'Ile de France (CCI Paris Ile-de-France) fait plusieurs propositions : Réduire la durée des soldes de six à cinq semaines, avancer la date de démarrage des soldes d'hiver dès le 26 décembre, lendemain de Noël comme à Londres ou encore organiser un grand jour de soldes à l'image du Black Friday aux Etats-Unis.

Face à un environnement en pleine mutation, il s’avère compliqué de satisfaire tous les acteurs du commerce. De plus, consommateurs et vendeurs n'ont pas le même intérêt. Si les premiers jouent la montre et attendent que les rabais augmentent, les seconds ont tout intérêt à écouler leur stock le plus rapidement possible pour reconstituer leur trésorerie afin de démarrer la nouvelle collection.

Chronologie et chiffres clés