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Union européenne France Emmanuel Macron Législatives françaises 2017 Politique française

Publié le • Modifié le

France: derrière les législatives françaises, des enjeux profondément européens

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Présidentielle en Autriche, législatives aux Pays-Bas, puis double élection en France pour le même résultat partout: les pro-européens battent les eurosceptiques. Photo: le Premier ministre hollandais Mark Rutte à l'Elysée avec le président Macron. REUTERS/Christian Hartmann

Le président français a désormais les coudées franches pour légiférer. Le parti d'Emmanuel Macron, La République en marche, a obtenu la majorité absolue à l'Assemblée nationale dimanche 18 juin. Une situation surveillée de près à Bruxelles, où l'on espère que l'action du gouvernement français donnera une nouvelle impulsion à la construction européenne.


De notre correspondant auprès des institutions de l'UE,

De source officielle, rien ou presque n’a été dit ni écrit à l’heure qu’il est : autant l’élection présidentielle française avait, dans la nuit, déclenché une avalanche de réactions, tant ici à Bruxelles que dans les capitales des pays-membres, à la mesure du soulagement de ne pas voir Marine Le Pen entrer à l’Élysée, autant le succès des amis d’Emmanuel Macron aux législatives paraissait garanti d’avance.

Il n'appelle donc pas de réaction hâtivement laudative, qui pourrait, de surcroît, être interprétée comme une immixtion dans la politique intérieure française. En effet, les partis politiques défaits dimanche soir, Les Républicains et le Parti socialiste, ont des partis « frères » au pouvoir dans une majorité parmi les 27 autres Etats-membres de l’Union européenne, qui auraient donc toutes les raisons de ne pas laisser paraître une joie excessive.

Une France stable, une Europe qui avance

En privé, c’est vrai, dès dimanche soir, la satisfaction était patente dans les soirées bruxelloises (et pas uniquement chez les électeurs d’En marche !). Une majorité stable pour Macron, disait-on, garantit une légitimité et un mandat solides pour les initiatives que ce dernier entend prendre au niveau européen. Beaucoup ici comptent sur lui pour mener à bien le chantier empoisonné de la révision de la directive sur les travailleurs détachés, dont la mise en œuvre aura été considérablement pervertie par des abus quasi érigés en système.

On attend aussi d’un Emmanuel Macron, là encore, fort d’une majorité qui devrait le mettre à l’abri d’escarmouches parlementaires, qu’il propulse avec Angela Merkel la consolidation institutionnelle de la zone euro, en particulier par la transformation des fonctions de président de l’Eurogroupe. Actuellement assurées par l’un des ministres des Finances de l'Eurogroupe, il est question d'en faire un rôle permanent et exclusif.

En marche !, une vague européenne ?

Et puis, quelques-uns se posent la question de savoir si le phénomène En marche ! est exportable dans d’autres pays de l’UE, d’abord comme vague électorale pro-européenne, et, ensuite au Parlement européen, lors des prochaines élections à cette assemblée au printemps 2019. On attend aussi de savoir si Emmanuel Macron soutiendra ou non l’idée de listes paneuropéennes pour ces élections-là, listes qui permettraient le redéploiement des 73 sièges laissés vacants par le retrait du Royaume-Uni.

Enfin, il y a quelques nostalgiques de l’Europe « canal historique », bâtie sur le consensus entre la démocratie chrétienne et la social-démocratie. Ainsi, un haut fonctionnaire européen se confiait dimanche soir, navré qu’il était de la déconvenue de ses amis socialistes français : « Ce n’est pas une page qui se tourne, disait-il tristement, c’est une bibliothèque qui s’effondre. »

→ Résultats des élections législatives 2017 : Notre dossier et nos éditions spéciales

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