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Revue de presse Politique française Présidentielle France 2017 Turquie

Publié le • Modifié le

A la Une: Robert Bourgi sort de son silence sur Mediapart

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AFP

Le journal en ligne publie un entretien avec « l’un des derniers survivants des vieux réseaux gaullistes de la Françafrique » et surtout, « l’homme qui a offert, fin 2016, deux costumes de luxe à François Fillon », plus un autre en 2014, tous chez Arnys, une boutique de luxe du très chic quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Robert Bourgi est allé chercher un peu de calme au Liban, pays d’où sa famille est originaire : « la charge médiatique était très forte [...] j’ai été soumis à des pressions d’ordre politique. Seulement voilà, je suis un homme libre qui ne cède à aucune pression ».

Ces tentatives venaient, selon lui, de François Fillon et de ses proches collaborateurs, comme Anne Méaux, sa communicante en chef. « Pendant six jours, raconte Robert Bourgi, du samedi ayant précédé les révélations du Journal du dimanche au vendredi suivant, [ils] ont souhaité que je ne dise rien concernant l’identité de la personne qui a offert les costumes : moi [...] Je leur ai demandé pourquoi. Ils m’ont dit : “Tu sais, c’est la Françafrique, on va penser que…”. Mais qu’est-ce que la Françafrique a à voir avec cela ? Par conséquent, j’ai été contraint pendant une semaine de mentir. »

Petite touche supplémentaire, ajoutée par Mediapart : le candidat n’aurait pas rendu les bons costumes !

« Le 4 avril, jour de l’audition de Robert Bourgi par la police, détaille le journal, son avocat [...] a été chargé d’amener les trois costumes fabriqués sur mesure aux enquêteurs. Seulement voilà, deux [...] ne ressemblaient en rien à des vêtements Arnys, qui sont pourtant très facilement identifiables [...] Comme le sparadrap du capitaine Haddock, les costumes de François Fillon ne le lâchent plus », conclut Mediapart.

Le sparadrap de Marine Le Pen, c’est cette affaire d’emplois présumés fictifs d’assistants parlementaires au parlement européen. Des assistants rémunérés par Bruxelles, mais en réalité employés au siège du Front national. C’est en effet ce que soupçonnent les juges d’instruction financiers qui ont demandé au parlement de Strasbourg de lever l’immunité parlementaire de la candidate frontiste. On l’a appris hier nous rapporte Le Figaro qui ajoute qu’« à l’annonce, Marine Le Pen a immédiatement opté pour la stratégie de la concision. “C’est la procédure normale. Donc, on fait de la politique maintenant ?” »

« Si François Fillon refuse désormais de répondre aux journalistes sur sa mise en examen, il a répondu à la convocation des juges et à leurs questions, martèle La Voix du Nord. Marine Le Pen, quant à elle, a choisi de ne répondre ni aux journalistes ni aux juges [...] L’attaque frontale de Philippe Poutou [lors du débat télévisé] lui rappelant qu’aucune “immunité ouvrière” ne le protégera jamais a fait mouche, dans un électorat populaire qui est le cœur de cible de Marine Le Pen » tranche le quotidien nordiste.

De nouveaux sondages annoncent quatre candidats dans un mouchoir de poche

« Mélenchon monte, gonflé à l’hélium, comme une montgolfière, raille La Nouvelle République du Centre-Ouest. Fillon est sur les freins et ne glisse plus. Marine Le Pen flotte toujours entre deux eaux. Et puis Macron, enfin, étoile filante, lampion ou feu follet, personne ne sait. On spécule sur les socles, on sonde avec prudence ces mystérieux plafonds de verre susceptibles de se briser soudain, libérant Dieu sait quel appel d’air. Tout cela fait beaucoup de poussière et fort peu de certitudes, malgré la poudre de perlimpinpin de nos meilleurs experts », tacle le journal du centre de la France.

Et c’est fort de cette incertitude que le candidat socialiste affirme dans Libération qu’il ira « jusqu’au bout et entend préparer la refondation du PS ». Benoît Hamon attaque à tout va Emmanuel Macron et aussi Jean-Luc Mélenchon. Mais, selon Libé, il n’a pas réussi ce qu’ont réussi les précédents leaders du parti socialiste dans l’histoire récente : « Mitterrand, Jospin, Hollande - sont ceux qui ont su rassembler ces deux pôles opposés. Hamon n’a pas essayé. Frondeur il était, frondeur il est resté. [...] Pourtant, écrit l’éditorialiste du quotidien de gauche, le candidat est très honorable et ses idées novatrices. Mais comme le disait François Mitterrand, quand on fait de la politique, il n’est pas interdit d’être habile. »

« La triste réalité, c’est que les vrais talents fuient ce marigot comme la peste, cingle Presse Océan. Cela n’empêche pas les candidats de se bousculer à l’entretien d’embauche, à grands coups de promesses qu’ils ne pourront pas tenir. Au point qu’on se retrouve avec une file d’attente devant la cabine d’essayage : les postulant(e)s y défilent les uns après les autres et non, décidément, on a bien du mal à en trouver un(e) qui soit à peu près présentable sous ce costume beaucoup trop grand. Mais comme les Français ne sont pas prêts à renoncer à élire leur roi, il faudra bien s’en contenter. »

« La campagne déçoit la majorité des électeurs », avance Le Figaro

Se basant sur un sondage, le quotidien de droite affirme que « les Français estiment que la présidentielle révèle plus les personnalités des candidats que les mesures qu’ils prendraient en cas de victoire ». « Alors que c’est l’une des campagnes les plus longues que l’on ait connues sous la Ve République, puisqu’elle a quasiment commencé en juillet, elle est considérée comme ratée et décevante, résume Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique et opinion d’Harris Interactive. Normalement, une campagne est un moment d’échange. Là, le processus d’aller et retour n’a pas bien fonctionné. »

Ça n’empêche pas de se disputer un bon coup en famille

« À table, ça va chauffer », nous dit Le Parisien - aujourd’hui en France. « Il n’y a pas que les cloches et le gigot d’agneau qui s’inviteront dans les repas en famille en ce long week-end pascal. Dès la chasse aux œufs, avant l’apéro ou entre la poire et le fromage, des millions de Français vont refaire la campagne 2017 et étaler sur la table leurs divergences idéologiques. »

En témoigne ce militant d’En Marche ! dans le Nord : « Ma belle famille est communiste, dit-il. Mais je ne désespère pas de la convaincre d’opter pour Macron même si elle jure qu’il est sous la coupe du pouvoir de l’argent ». Autre son de cloche : « Mathilde, indécise de gauche », que nous présente Le Parisien et qui « a préféré dégainer le SMS pour faire changer d’avis sa cousine filloniste [...] Elle ne m’a pas répondu ».

Une semaine avant le premier tour de la présidentielle française, on vote demain, en Turquie

« France, où est ta voix ? » demande l’intellectuel Can Dündar dans Le Monde. « L’Occident, au nom de calculs à court terme, refusait de voir le piétinement de ses propres valeurs, accuse l’ancien éditorialiste du journal turc Cumhuriyet, désormais en exil forcé. [Recep Tayyip Erdogan] a révoqué plus de mille universitaires. Pourquoi les universités françaises ne leur ouvriraient-elles pas leurs portes ? Les deux coprésidents du troisième plus important parti et dix de ses députés sont en prison. Pourquoi le Parlement français ne pourrait-il pas envoyer une délégation leur rendre visite en prison ? [...] Le monde occidental, au lieu de croire que la Turquie se résume à Erdogan, devrait exprimer toute sa solidarité avec l’opposition sociale qui, chaque jour, résiste courageusement. L’exemple de la Syrie nous le rappelle : dans ce monde globalisé, quand le feu prend quelque part, il peut rapidement se transformer en incendie généralisé. »

Chronologie et chiffres clés