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France Questions sociales Guyane

Publié le • Modifié le

France: la contestation sociale se durcit en Guyane

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Routes bloquées par des poids lourds, barrages en tous genres, la Guyane vit au ralenti depuis le début des mouvements sociaux il y a deux semaines. Jody AMIET/AFP

Le collectif guyanais qui pilote le mouvement social depuis bientôt deux semaines durcit le ton face à Paris. A partir de ce lundi matin, les véhicules ne pourront plus passer les barrages érigés dans les villes à l'exception des engins d'urgence.


Avec notre envoyé spécial à Cayenne, Pierre Olivier

Dès ce lundi matin, plus aucun véhicule ne pourra passer les barrages routiers, assure le collectif. Lors du grand rassemblement de dimanche soir, les responsables n’ont pas souhaité plus de détails sur ce durcissement, et cela pour jouer sur l’effet de surprise, ont-ils précisé.

Olivier Goudet, porte-parole des « 500 frères », prévient que pour se faire entendre par Paris, le collectif va « passer à une vitesse supérieure ». « L’Etat ne respecte pas ses engagements, l’Etat ne respecte pas les Guyanais, a-t-il martelé dimanche soir. Donc il nous faut être mobilisés afin de faire prendre conscience au plus grand nombre et à mettre l’Etat face à ses responsabilités ».

Concrètement, ce durcissement pourrait se traduire par une fermeture totale des barrages, car depuis plusieurs jours, à certaines heures les barrages étaient ouverts pour permettre à la population de circuler. Des plages d’ouverture qui pourraient donc être donc tout simplement supprimées.

Enfin les marchandises ne passeront plus également. Les pénuries de viande et de produits frais, qui touchent de plus en plus la population des villes, devraient donc s’accentuer.

Mais si tous les véhicules, à l'exception des engins d'urgence, seront bien empêchés de franchir les barrages érigés dans les villes, « on ne peut pas aujourd'hui faire des blocages pour empêcher les piétons, les vélos et les scooters de passer », a reconnu Olivier Goudet. Pour l’instant, une majorité de la population dit toujours soutenir le mouvement.

Certains veulent la levée des barrages

Pour autant, l'annonce initiale d'un blocage total a provoqué la mobilisation des opposants à la poursuite du mouvement. « Il n'est pas tolérable de se voir refuser le droit de circuler librement sur le territoire. (...) Une partie de la Guyane a peur de s'exprimer », affirment les signataires d'une pétition en ligne qui a recueilli plus de 1800 paraphes. Plus de 2 000 internautes faisaient partie dimanche d'un groupe Facebook intitulé « Stop aux barrages en Guyane ».

La ministre des Outre-mer Ericka Bareigts a demandé dimanche au collectif de « lever les derniers barrages ». « Les enfants doivent pouvoir retourner à l'école dans un environnement apaisé. (...) L'économie guyanaise ne peut être ainsi fragilisée plus longtemps », a-t-elle déclaré lors d'une déclaration depuis Paris retransmise sur Guyane première.

Autre critique, celle de la Fédération du bâtiment et des travaux publics en Guyane, qui s'est dite « prise en otage », a demandé à l'Etat d'« assurer sa mission de service public » en permettant la libre circulation sur le territoire.

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