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Publié le • Modifié le

Sommet de l’Otan: l'heure des explications?

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Le président turc Erdogan (g.) et le chef d'État français Emmanuel Macron (dr.) vont-ils arriver à s'expliquer lors du sommet de l'Otan? (Image d'illustration) LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

Le 70e anniversaire de l’Otan sera marqué par un sommet qui commence formellement mercredi, mais ce mardi 3 décembre la plupart des dirigeants alliés seront déjà à Londres. Emmanuel Macron et Angela Merkel auront chacun une rencontre bilatérale avec Donald Trump, puis les dirigeants français, britannique et allemand rencontreront le président turc. Après l’interview d’Emmanuel Macron au journal « The Economist » sur l’Otan qu’il juge « en état de mort cérébrale », ce sont autant de rencontres susceptibles d’être des moments de tension.


De notre envoyée spéciale à Londres,

De la célébration à l’explication. À tout le moins, des « clarifications », comme le demande l’Élysée. Quand la Grande-Bretagne a demandé à accueillir ce 70e anniversaire de l’Otan, Theresa May, alors Premier ministre, pensait marquer le soutien de son pays - sorti de l’Union européenne - à une alliance qui avait fait ses preuves.

L’Otan est en effet « une réussite assez spectaculaire », estime François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique. « Dans la plus grande partie de l’Europe, il y a eu la paix pendant soixante-dix ans, et un des instruments de cette paix, ça a été l’existence de l’Alliance atlantique, souligne l’analyste. C’est donc une cause de célébration plutôt que de lamentation. Mais il est vrai aussi que le monde a changé, du coup les 70 ans apparaissent comme plus proches du tombeau que du berceau. »

L'épineuse question du financement

François Heisbourg parle de « tombeau », Emmanuel Macron a évoqué une « mort cérébrale ». En cause, entre autres, selon le président français, ce sujet dont on parle trop : le financement. Le « on » étant le président américain. À chaque sommet, Donald Trump fait pression sur ses alliés pour qu’ils investissent plus dans la défense. Les Allemands lui ont donné satisfaction. La semaine dernière au Bundestag, Angela Merkel marquait officiellement son engagement.

« Nous nous étions engagés à augmenter nos dépenses de défense jusqu’à atteindre 2% du PIB et c’est ce que nous sommes en train de faire, avait alors expliqué la chancelière. Le budget pour l’année prochaine fixe le montant à 1,42% ; il y a 5 ans, nous étions à 1,18%.Et nous continuerons pas à pas. Le ministre de la Défense a mis en place un plan pour jouer un rôle plus important dans l’Alliance avec un budget de la défense qui atteindra les 2% de notre PIB au début 2030. Nous nous y sommes engagés et nous nous y tiendrons. »

L’Allemagne augmente donc sa participation au budget de l’Otan quand les États-Unis la baissent. Quant à Emmanuel Macron, il ne veut pas entendre parler de l’augmentation de la participation financière de la France au budget de l’Otan. Le président veut parler stratégie : qui est l’ennemi commun, quelles relations entre alliés ? À commencer par la Turquie.

Tensions avec la Turquie

Après ce qui a été jugé comme des insultes de la part du président Erdogan, l’ambassadeur a été convoqué vendredi dernier au Quai d’Orsay. Un cas rare entre alliés. Or, il s’agissait de la deuxième fois en quelques semaines. Le diplomate avait déjà dû se rendre au ministère des Affaires étrangères le 10 octobre, au lendemain du lancement de l’offensive turque dans le nord de la Syrie.

Pour Nicolas Gros-Verheyde, rédacteur en chef de B 2, média spécialisé dans la défense européenne, la Turquie est bien un sérieux perturbateur au sein de l’organisation atlantique. « Le problème, c’est que la Turquie a des difficultés avec la France ou la France a des difficultés avec la Turquie, mais la Turquie n’a pas que des problèmes avec la France. Si c’était ça, ce serait assez simple, on pourrait mettre ça sur le compte d’un mouvement d’humeur de part et d’autre. Mais le problème est beaucoup plus profond : on ne peut pas dire que la Turquie rassure ses alliés à l’est en faisant manœuvrer ses S400 russes, on ne peut pas dire que c’est une démarche amicale d’alliés. On ne peut pas dire que l’accord avec la Libye sur la zone économique exclusive avec la Grèce soit vraiment une démarche d’alliés. Et quand les Turcs s’attaquent aux alliés kurdes de l’alliance contre Daech dans le nord de la Syrie, on ne peut pas dire non plus qu’ils font marque d’une tendresse alliée. On se retrouve dans une crise qui, d’ailleurs, peut rappeler, certains membres de l’alliance l’ont souligné, la crise de Suez, où d’une certaine façon les alliés se combattent indirectement entre eux. »

D’autres analystes appellent à la mesure avec Ankara, à tout faire pour garder le pays dans l’Otan pour qu’il ne se tourne pas vers la Russie. La Russie et le dialogue qu’Emmanuel Macron veut entretenir avec elle est d’ailleurs un gros sujet d’inquiétude en Europe de l’Est, surtout en Pologne. Emmanuel Macron va rencontrer le président Duda pour déminer. Le président assume de provoquer le débat au risque de brusquer. Il doit désormais rassurer.

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