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Vladimir Poutine Russie Ukraine France Diplomatie Emmanuel Macron

Publié le • Modifié le

Ukraine-Russie: l'échange de prisonniers préfigure un premier pas vers la paix

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Le cinéaste Oleg Sentsov a été libéré avec de nombreux autres prisonniers dans un échange de prisonniers sans précédent, le 7 septembre 2019. REUTERS/Gleb Garanich

Après 5 ans de conflit, la Russie et l’Ukraine ont réalisé un échange inédit de 70 prisonniers, 35 de chaque côté, ce samedi 7 septembre. L’échange a été salué par les dirigeants américain, allemand et français.


L’échange permet au président russe Vladimir Poutine d’assouplir ses relations avec son voisin et avec l’Union européenne. Un mois auparavant, le président Emmanuel Macron avait invité au fort de Brégançon le président Vladimir Poutine.

Le président français avait alors insisté pour que soient réunies rapidement les conditions pour organiser un sommet de paix sur l’Ukraine. Il souhaitait un sommet au format Normandie, c’est à dire qui rassemble les chefs d’État ukrainien, russe, allemand et français. Il pourrait se tenir d’ici la fin du mois, une première depuis 4 ans.

►À lire aussi : Russie-Ukraine: un échange de prisonniers sans précédent, Oleg Sentsov libéré

Cette inflexion, ce donnant-donnant avec la Russie, le chef de la diplomatie française l’évoquait encore devant la presse cette semaine. « Une forme d’audace, affirmait Jean-Yves le Drian. Mais une audace réfléchie ». L’Élysée a dailleurs salué cet échange de prisonniers, « un pas décisif » dans la reprise d’un dialogue constructif entre Kiev et Moscou.

Un sommet de coopération franco-russe

Dans un communiqué ce samedi, le ministre français des Affaires étrangères explique vouloir soutenir les efforts de Kiev et Moscou pour obtenir de nouvelles avancées dans les prochaines semaines. Selon le ministre, la priorité est à la consolidation du cessez-le-feu entre les deux pays, au retrait des armes lourdes, au déminage et à des mesures humanitaires d’urgence pour les populations de la région du Donbass.

Jean-Yves Le Drian évoquera d’ailleurs dès lundi 9 septembre ce dossier, aux côtés de Florence Parly, la ministre des armées, lors du Conseil de coopération franco-russe sur les questions de sécurité. Les deux ministres retrouveront leurs homologues russes à Moscou. Ce sommet sera là encore une première là depuis l’annexion de la Crimée par la Russie.

Nombreux sujets de discussions

Suite à cet échange, les prochaines étapes pourraient se concrétiser rapidement. Emmanuel Macron et Angela Merkel appellent à une rencontre de haut niveau avant octobre. Il pourrait donc y avoir une nouvelle réunion du Format Normandie, entre la Russie l’Ukraine, la France et l’Allemagne, pour une relance effective des négociations de paix, rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot. Il pourrait aussi y avoir un nouvel échange de prisonniers, selon l’agence Interfax.

Les sujets de négociations seront néanmoins plus complexes que la libération des prisonniers: obtenir un cessez-le-feu, définir une solution politique à la guerre, prévoir le futur de la Crimée annexée, ou encore régler de graves questions d’énergie, d’économie et de commerce.

Or le président ukrainien a déjà montré ses limites, en acceptant de livrer à la Russie un témoin-clé dans le drame du MH17 pour que l’échange se fasse. En Ukraine, on se demande déjà jusqu’où Volodymyr Zelenskyy peut tenir tête à Vladimir Poutine, rapporte notre correspondant à Kiev, Sébastien Gobert.

Chronologie et chiffres clés