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Italie

Publié le • Modifié le

L'Italie commémore le premier anniversaire de l'effondrement du pont Morandi

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Ce 14 août 2019, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, s'entretient avec les membres des familles des victimes de l'effondrement du pont Morandi. «La vie de Gênes repart d'ici», a-t-il déclaré. REUTERS/Massimo Pinca

Ce mercredi 14 août, l'Italie commémore le premier anniversaire de l'écroulement d'un pont autoroutier à Gênes. Une catastrophe qui a fait 43 morts. Cependant, la cérémonie est perturbée par la crise politique déclenchée par Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite), qui a fait éclater la coalition au pouvoir.


En Italie, les protagonistes de l'inédite crise politique de la mi-août se retrouvent à Gênes pour les commémorations du premier anniversaire de l'effondrement du pont Morandi, le 14 août 2018. Sont présents dans la capitale de la Ligurie, le président Sergio Mattarella, qui a seul le pouvoir de dissoudre le Parlement et de convoquer des élections, le ministre de l'Intérieur Salvini qui les réclame depuis le 8 août et son ex-allié gouvernemental Luigi Di Maio, chef du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), ainsi que le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, et plusieurs ministres.

« Une minute de recueillement »

« J'invite tous les citoyens de Gênes à participer à la cérémonie en mémoire des victimes du pont Morandi. Et je demande à ceux qui ne pourront pas participer, d'observer une minute de recueillement, où qu'ils soient, à 11h36 », (heure où le pont s'est écroulé) a lancé le maire de la ville Marco Bucci. Puis l’archevêque de Gênes, Angelo Bagnasco, a entamé sa messe en lisant lentement les 43 noms des victimes, relate notre correspondante en Italie, Anne Le Nir. Un moment parmi les plus touchants de la cérémonie qui s’est tenue dans un entrepôt, à une dizaine de mètres de l’endroit où surgi la première pile du nouveau pont.

Parmi la foule, immense, on a vu des dizaines de familles en pleurs, auxquelles le cardinal Bagnasco s’est adressé en assurant « la proximité de toute la ville pour que ces personnes au cœur déchiré ne se sentent pas trop seules ». Des paroles simples. Attentivement écoutées par les représentants des institutions et ceux des partis politiques qui, pour un jour, ont mis entre parenthèse leurs litiges, nés de la crise gouvernementale, déclenchée par le chef de la Ligue, Matteo Salvini. Seul petit incident, des proches des victimes ont demandé que la délégation des sociétés gestionnaires du pont Morandi, tenues pour responsables de l’effondrement du viaduc qui était mal entretenu depuis 25 ans,quitte immédiatement le lieu de la cérémonie.

Le nouveau pont sera construit par un groupement de plusieurs sociétés italiennes à partir d'un projet de Renzo Piano, le célèbre architecte italien né à Gênes. Renzo Piano, auteur entre autres du Centre Pompidou et du nouveau Palais de justice à Paris, a proposé un dessin de pont qui aura « quelque chose d'un bateau, parce que c'est quelque chose de Gênes », et « ce sera un pont plus fin, qui aura une luminosité à lui », selon ses propres mots. « J'espère que cette crise gouvernementale n'entraînera pas des ralentissements dans la réalisation de cette importante infrastructure », a déclaré à l'AFP Federico Romeo, maire de l'arrondissement où s'est produit le drame.

En attendant un nouveau pont indispensable à une traversée rapide de cette métropole de plus de 580 000 habitants, la bataille judiciaire autour de celui qui s'est écroulé bat son plein. D'un côté le principal accusé, la société Autostrade per l'Italia (ASPI), gestionnaire de ce viaduc routier et propriété de la famille Benetton, de l'autre côté les familles des victimes et de nombreux responsables politiques, essentiellement du M5S, qui considèrent l'effondrement comme la conséquence d'un mauvais entretien et accusent ASPI d'avoir privilégié ses bénéfices au détriment de la sécurité.

Le pont « ne réussissait plus à tenir debout »

« Le pont Morandi », du nom de l'architecte qui l'a conçu dans les années 60, « s'est écroulé car il ne réussissait plus à tenir debout », a récemment résumé le procureur de Gênes Francesco Cozzi, cité par l'AFP. Le ou les procès s'annoncent comme une entreprise titanesque : 71 personnes visées par l'enquête, dont des dirigeants de sociétés du groupe Benetton et les responsables de diverses administrations, plus de 100 avocats, 120 experts judiciaires, 75 témoins et des tonnes de documents et preuves physiques.

L'affaire du pont est l'un des dossiers qui ont envenimé les rapports Ligue-M5S. Ces derniers voulaient de toute urgence supprimer les concessions dont bénéficiait ASPI, même s'ils ont ensuite freiné face au risque, en cas de rupture des contrats, de demandes d'indemnisations onéreuses, tandis que la Ligue, proche des milieux industriels du nord, est toujours restée prudente.