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Italie France Matteo Salvini

Publié le • Modifié le

Affaire Battisti: Salvini a d’«autres noms» à demander à la France

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Après l'extradition de Cesare Battisti, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini a prévenu qu'il avait d'autres noms à demander à la France. REUTERS/Remo Casilli

Après 40 ans de cavale, l’ancien activiste italien d'extrême gauche Cesare Battisti a été remis à la justice de son pays lundi 14 janvier. Il est actuellement incarcéré dans une prison en Sardaigne. Cette extradition depuis la Bolivie vient relancer le débat sur la présence sur le territoire français d'anciens membres de l'extrême gauche radicale italienne.


Selon le quotidien italien Il Corriere della Sera, une quarantaine d'anciens militants d'extrême gauche condamnés pour des crimes et des attentats seraient en fuite à l'étranger. La plupart se trouveraient en France, ajoute le journal le plus diffusé en Italie. Cesare Battisti avait lui-même trouvé refuge dans l'Hexagone entre 1990 et 2004, protégé par la doctrine Mitterrand selon laquelle toutes les personnes ayant rompu avec le terrorisme ne seraient pas extradées.

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par contumace pour son rôle direct et indirect dans quatre assassinats, Cesare Battisti devient un symbole pour la gauche française et reçoit le soutien d'artistes et d'intellectuels, notamment celui de la romancière Fred Vargas. Mais le vent tourne en 2004. La droite est au pouvoir en France et la menace d'une extradition pèse à nouveau. Battisti se réfugie alors au Brésil. Mais en décembre dernier, un juge de la Cour suprême ordonne finalement son extradition, signée dès lendemain par le président Michel Temer. L’ancien activiste italien s’enfuit de nouveau, cette fois en Bolivie où il dépose une demande d’asile.

« Je m'engage à ce que ce soit le début d'un parcours, parce qu'il y en a tant d'autres qui se promènent en Europe et dans le monde. Des gens condamnés trois ou quatre fois à la perpétuité et qui ont ouvert un restaurant, qui écrivent des livres... », a déclaré à la télévision italienne le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, également patron de la Ligue, l'un des deux partis membres de la coalition au pouvoir. « Il y en a quelques-uns en France. Souvent, la France demande à l'Italie et au gouvernement italien de respecter les règles et les droits humains », a ironisé Mateo Salvini qui, sans donner de noms, a indiqué que Rome demanderait bientôt à Paris plusieurs extraditions.

La presse italienne cite plusieurs noms

La presse transalpine cite plusieurs noms de militants radicaux réfugiés en France : Giorgio Pietrostefani, condamné pour le meurtre du commissaire de police Luigi Calabresi ; Narciso Manenti, chef d'un commando de guérilla prolétarienne, qui serait responsable de l'assassinat d'un gendarme en 1979 à Bergame ; ou encore Enrico Villimburgo, membre des Brigades rouges, condamné à la perpétuité lors du procès sur l'assassinat d'Aldo Moro. L'enlèvement de cette figure de la Démocratie chrétienne, assassinée par ses geôliers en mai 1978 après 55 jours de séquestration, reste un traumatisme majeur dans l'histoire italienne.

Parmi ces militants italiens qui ont trouvé refuge dans l'Hexagone, on peut également évoquer le cas de Marina Petrella dont l’extradition a été bloquée par Nicolas Sarkozy en 2008 pour « raisons humanitaires ». Ou encore celui de Simonetta Giorgieri, une autre figure des Brigades rouges.

Après le soutien affiché de membres du gouvernement italien aux « gilets jaunes » et les critiques d'Emmanuel Macron sur la politique migratoire italienne, ce nouveau sujet de tension ne devrait pas réchauffer des relations diplomatiques devenues glaciales entre les deux pays.

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