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Immigration Autriche Brexit Union européenne

Publié le • Modifié le

UE: immigration et Brexit au menu du sommet informel de Salzbourg

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La chancelière allemande Angela Merkel et son homologue autrichien Sebastian Kurz lors d'un sommet informel des chefs d'Etat européen le 19 septembre à Salzbourg REUTERS/Leonhard Foeger

Ce 19 septembre au soir, commence une série de réunions et de sessions de travail entre les 27 chefs d’Etat européens à Salzbourg, en Autriche. Ce sommet informel du Conseil européen va durer 48 heures. Les discussions auront lieu sur fond de tensions migratoires, alors que de tortueuses négociations sont également en cours sur le Brexit. Cet agenda chargé doit permettre d'avancer sur ces dossiers avant les trois prochains sommets officiels du Conseil européen qui auront lieu à partir de la mi-octobre.


La politique migratoire européenne est dans l’impasse. Le mécanisme de répartition par quotas est gelé depuis des mois, la réforme de Dublin est au point mort et depuis l’émergence de gouvernements très hostiles à l’immigration en Europe, les principes de solidarités sont mis à mal. L’Italie n'autorise plus les navires humanitaires à accoster, la Hongrie refuse d’accueillir de nouveaux réfugiés et l’Autriche vient de durcir ses règles d’asile.

Pas question toutefois pour Paris et Berlin de renoncer au « principe de solidarité » entre les pays européens, principe selon lequel chacun doit participer à l’effort collectif sur les questions migratoires et d’asile. Mais dans l’entourage de l’Elysée, on commence à envisager de possibles compromis, qui pourraient être discutés à Salzbourg. Par exemple, plus d’obligation formelle pour un pays d’accueillir des réfugiés chez soi, si en échange il apporte une plus grande contribution à l’agence Frontex, ou s’il finance des programmes en Afrique.

Pour l’instant, ce ne sont que des hypothèses de travail. Pour éviter un éclatement de l’UE autour des questions migratoires, va-t-on alors vers une Europe peut-être davantage « à la carte » ? Les solutions qui seront discutées semblent en tout cas aller dans le sens de plus de flexibilité, pour autant qu’on s’entende sur des règles communes de base, telles que le respect des règles de sauvetage en mer et du droit d’asile.

Dès qu’il s’agit de limiter au maximum les flux migratoires vers l’Europe, il semble en revanche y avoir un meilleur consensus, sur le renforcement de Frontex par exemple. L’agence européenne des gardes-côtes et des gardes-frontières, qui compte aujourd’hui 1 500 hommes, pourrait en compter 10 000 d’ici 2020, avec des mandats élargis. Les modalités exactes restent à discuter.

L’autre disposition qui pourrait aboutir rapidement est la dite « initiative-retour ». En clair, une procédure commune pour réglementer les expulsions et le rapatriement de personnes qui n’auront pas obtenu l’asile en Europe. L’objectif étant que ces renvois soient plus rapides, plus ordonnés, plus systématiques en somme.

Les « hotspots » abandonnés

Mettre en place des genres des « hotspots » aux frontières de l’Europe pour «  faire le tri » entre migrants économiques et demandeurs d’asile : l’idée avait été avancée, mais les pays directement concernés dans les Balkans et au Maghreb ont refusé. En revanche, aider le continent africain à endiguer les flux avant que les personnes migrantes ne prennent la mer est toujours envisagé.

La France cite en exemple des centres d'orientation mis en place au Tchad ou au Niger où l'on étudie les dossiers de demande d'asile et où l'on dissuade les migrants qui n'ont aucune chance d’obtenir le statut de tenter une dangereuse traversée de la Méditerranée.

L'Autriche aurait récemment approché le président égyptien al-Sissi en ce sens. Le chancelier Sebastian Kurz, en visite à Paris ce 17 septembre, a par ailleurs annoncé qu'il préparait un Conseil UE-Afrique en décembre sur la question du développement économique du continent. Une occasion peut-être de parler aussi de ces questions avec les dirigeants africains.

Le Brexit en phase finale

Les dirigeants européens doivent également se pencher sur le dossier brûlant du Brexit. Il ne reste que trois mois pour parvenir à un accord avec Londres pour une sortie prévue en mars 2019. Les discussions ont beau être entrées dans leur phase finale, un accord lors du prochain Conseil européen le 18 octobre parait difficilement jouable. D'ailleurs, le président du Conseil, le Polonais Donald Tusk, a convoqué un sommet extraordinaire en novembre, spécialement dédié au Brexit.

Le principal point de blocage reste l’inextricable problème de la frontière irlandaise. Il faut à tout prix éviter la scission de l'île par une frontière physique, au risque de fragiliser les accords de paix qui ont mis fin à 30 ans de conflit armé entre le Nord et le Sud, mais il faut aussi s’assurer de la forme que prendront les relations commerciales sur l’île.

L’Union européenne a refusé le plan britannique dit de « Chequers », qui consistait en la création d'une « zone de libre-échange pour les marchandises » permettant au Royaume-Uni d'avoir un « règlement commun pour tous les biens » dans un territoire douanier commun.

Londres refuse toute nouvelle mouture d’une proposition européenne dite de « backstop » qui permettrait de garantir un statut particulier à la frontière irlandaise, le temps de trouver un accord commercial global avec le Royaume-Uni après sa sortie. Une solution temporaire, que Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE, propose en l'absence d'une meilleure solution impliquant l'ensemble du Royaume-Uni.

Ce 19 septembre, la Première ministre Theresa May a fait passer de nouvelles propositions au président du Conseil européen. Pas de détails pour l'instant sur le fond. Donald Tusk, en tout cas, a jugé qu'il s'agissait d'une « évolution positive », estimant toutefois que ces propositions britanniques « devaient être retravaillées ».

A Salzbourg, les 27 devraient chercher à faire front commun et parler d'une seule voix face au Royaume-Uni, qui en coulisse, se livre à un lobbying intense pour tenter de diviser le front continental.