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Publié le • Modifié le

Justice: Mail.ru, le géant du numérique russe au secours de ses utilisateurs

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Mail.ru, l'incontournable portail russe, interpelle les autorités au sujet de ses utilisateurs. Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

La liberté d'expression est de plus en plus menacée sur les réseaux sociaux russes. En avril dernier, les autorités ont tenté de bloquer l'application Telegram en Russie, en vain. Lundi 6 aout, observant de multiples condamnations à l'encontre de ses utilisateurs, le portail en ligne « Mail.ru » a diffusé un communiqué dans lequel il appelait les autorités russes à assouplir la loi et pour réclamer plus de liberté d'expression pour ses utilisateurs.


De notre correspondant à Moscou,

« Mail.ru », c'est un groupe qui domine le paysage numérique russe. C'est une boite mail, l'équivalent russe du Gmail américain, c'est aussi Odnoklassniki qui permet de retrouver ses amis d'enfance, et surtout, Vkontakte, le Facebook russe très utilisé en Russie et dans les pays anciennement soviétiques. Ces dernières années, plusieurs utilisateurs de ces réseaux sociaux ont été condamnés par la justice russe pour avoir aimé ou partagé des publications. « Mail.ru » y voit une menace quant à la liberté d'expression caractéristique des réseaux sociaux.

L’affaire Maria Motouzaïna

C’est le cas d’une jeune Russe qui a poussé le groupe à s'adresser directement aux autorités. Maria Motouzaïna, 23 ans, dont le procès s'est ouvert lundi dernier à Barnaoul en Sibérie, est accusée d'incitation à la haine et d'avoir porté atteinte aux sentiments religieux des croyants. Elle risque six ans d’emprisonnement pour avoir partagé des images humoristiques sur Vkontakte. Il y a d'autres cas notamment celui du mari d'Anastasia Bubeyeva à Tver, en 2016. L'homme avait publié une photo d'un tube de dentifrice sur lequel il était écrit « sortez la Russie de vous-même ». Résultat, il a été condamné à 2 ans d'emprisonnement. Selon l'ONG de défense des droits de l'Homme russe Agora, 43 personnes ont été condamnées à des peines de prison en Russie en 2017 pour des contenus postés sur internet.

De simples citoyens aux opposants politiques

La plupart de ces condamnations, souvent médiatisées par les quelques médias critiques du pays, sont impressionnantes car disproportionnées. Les personnes concernées sont généralement de simples citoyens russes. L'exemple du mari d'Anastasia Bubeyeva en est l'illustration. L'homme n'avait que 12 amis sur son profil Vkontakte et il n'était pas engagé en politique. Mais il y a également de nombreux cas d'opposants dont les publications sur les réseaux sociaux sont utilisées pour s'en prendre à eux. Le point commun entre tous ces condamnés est qu'ils ont ironisé voire critiqué le pouvoir russe.

Il y a une loi de 2002 qui est à chaque fois invoquée par les autorités russes pour s'attaquer à ces internautes souvent jeunes. Cette loi permet de condamner les discours haineux, extrémistes, qui portent atteinte à la sécurité de la nation ou à l'ordre constitutionnel. Les contours de cette loi sont flous, plus le temps passe, plus les autorités utilisent ce flou pour interpréter ces cas à leur manière, et donc, resserrer le boulon de la liberté d'expression sur les réseaux sociaux.

Chronologie et chiffres clés