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Publié le • Modifié le

À la Haye, la Russie et la Syrie freinent les travaux de l’OIAC

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Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson prononce un discours présentant lors d'une session spécial de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), à la Haye, le 26 juin 2018. REUTERS/Yves Herman

La session spéciale de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, consacrée aux récents recours à ces moyens militaires prohibés, a enfin pu commencer ses travaux – non sans mal. Les Occidentaux ont présenté mardi 26 juin un projet visant à renforcer l’organe en lui donnant le pouvoir de désigner les responsables de telles attaques. Mais la Russie et la Syrie, opposées à la proposition, ont notamment essayé de retarder les travaux.


Avec notre envoyé spécial à La Haye, Quentin Dickinson

Si les Russes et les Syriens pensaient échapper à l’opprobre quasi général, c’est tout le contraire qui s’est produit ici : aidés par les Iraniens, ils ont, dès l’ouverture de la conférence, multiplié les incidents de procédure d’une mauvaise foi patente, de sorte que le simple ordre du jour n’a pu être adopté qu’au bout de trois heures de lassantes palabres. Les suspects habituels se sont en quelque sorte auto-désignés.

L’OIAC a été créée à la fin de la Guerre froide, afin de détruire les stocks d’armes chimiques, en particulier d’origine soviétique. Sa maîtrise technique incontestée a permis à ce jour la neutralisation de plus de 96% de ces stocks – mais la récente réapparition de l’usage de ces armes, en Syrie, en Iraq, en Thaïlande, au Royaume-Uni, révèle sa faiblesse : elle a le droit de constater les violations, mais pas de nommer l’État ou le groupe responsable. D’où la proposition britannique de corriger cette anomalie, raison de cette réunion.

« Ceci est l’occasion de réaffirmer l’interdiction mondiale du recours aux armes chimiques et de renforcer la capacité de l’OIAC à réagir à toute violation, a déclaré le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson. Et j’espère que tous les pays pourront soutenir le projet avancé par le Royaume-Uni. Dire qui est responsable de l’attaque doit clairement être la compétence de l’OIAC. »

La suite dépend maintenant de deux jours délicats de négociation à huis clos.

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