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Union européenne Immigration Migrations Internationales Diplomatie

Publié le • Modifié le

UE: des pays-membres se réunissent pour parler migration, un accord semble exclu

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Des migrants sur le bateau de l'ONG allemande Lifeline, dans la Méditerranée, le 21 juin 2018. L'accueil des réfugiés est au coeur des discussions du mini-sommet européen de ce dimanche 24 juin. Hermine Poschmann/Misson-Lifeline/Handout via REUTERS

Un mini-sommet européen sur l’asile et les migrations a lieu ce dimanche 24 juin à Bruxelles, à l’initiative de la Commission européenne. Objectif : préparer le sommet des Vingt-Huit à la fin du mois. Et le moins que l’on puisse dire est que l’UE est divisée sur la réforme du système d’asile. D'ailleurs seulement quinze pays se retrouvent ce dimanche à Bruxelles.


Ce mini-sommet se déroule sur fond de tensions européennes, depuis l’odyssée du navire Aquarius et de ses 630 migrants. Celui-ci a finalement été accueilli par l’Espagne après les refus de l’Italie et de Malte et le silence de la France.

Les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, République tchèque, Pologne et Slovaquie), tenants d’une ligne dure, ont déjà annoncé qu’ils ne feraient pas le voyage à Bruxelles ce dimanche 24 juin. Ils y seront représentés par le chancelier autrichien. De son côté, l’Italie a fait planer le doute avant de finalement confirmer sa venue.

À Bruxelles, Paris veut - avec Berlin et Madrid - proposer d’« européaniser » la gestion des migrants : pour l’accueil, l’examen des dossiers, la reconduite dans les pays d’origine, notamment. Ces capitales demandent aussi un renforcement de l’agence Frontex, chargée des frontières extérieures de l’Union. Autrement dit, la France, l’Allemagne et l’Espagne refusent le contrôle unilatéral des frontières, prôné par les pays de Visegrad.

Berlin a d'ores et déjà exclu un accord lors du sommet des Vingt-Huit

Ce samedi 23 juin, avec le Premier ministre espagnol qu’il recevait à l’Élysée, le président français Emmanuel Macron a proposé la mise en place de « centres fermés » dans les pays européens où les migrants arrivent en premier. Il s’est également dit favorable à des sanctions financières envers les pays de l’Union qui refuseraient d’accueillir les migrants reconnus comme réfugiés, c'est-à-dire pouvant justifier d'une persécution.

Autant de propositions qui seront sur la table ce dimanche 24 juin lors du sommet de Bruxelles, auquel ne participeront donc pas les pays de Visegrad. Des propositions auxquelles l'Italie a vivement réagi puisque le ministre de l’Intérieur italien a qualifié d’«arrogants» et d’«insultants» les propos d’Emmanuel Macron. Le président de la République tchèque affirme lui que le président français ramène le débat un an en arrière.

Cela rend très peu probable un accord européen lors du sommet les 28 et 29 juin, un accord que la chancelière allemande Angela Merkel a d’ores et déjà exclu.


Dans une tribune, trois anciens Premiers ministres veulent appuyer sur l'accélérateur au lieu de freiner la stratégie européenne

Dans une tribune au Journal du Dimanche, publiée le 24 juin, d'importantes personnalités politiques françaises et belge se demandent : et si c’était le moment de lancer une nouvelle étape de la construction européenne ? C’est ce que proposent notamment les anciens Premiers ministres français Alain Juppé et Jean-Marc Ayrault, l’ancien président des Verts au Parlement européen Daniel Cohn-Bendit, mais aussi l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt.

Alors que quinze pays se retrouvent à Bruxelles ce dimanche pour un mini-sommet sur la question migratoire et que de nombreux pays freinent des quatre fers, eux proposent d’appuyer sur la pédale d’accélérateur, d’aller plus loin dans la consolidation de la zone euro, ainsi que dans la mise en place d’un budget européen.

Le dossier migratoire est le plus brûlant

Ces personnalités, qui viennent de pays différents et ne sont pas toutes du même bord politique, pensent que le Conseil européen de jeudi 28 et vendredi 29 juin est une bonne occasion de mettre sur les rails leur projet. Ainsi que pour consolider la stratégie mise en place ces dernières années.

Car deux ans après le Brexit, ils constatent que l’Europe n’a pas implosé comme certains le prédisaient. Mais comment aller vers plus de solidarité sur la question migratoire ? C’est le point qui suscite le plus leur inquiétude. Les signataires dénoncent les amalgames entretenus par certains États et ils affirment, à rebours des discours alarmistes, qu’il n’y a plus de crise : selon eux, les flux d’arrivées de migrants se sont taris. Des propos qui rejoignent ceux du président Macron. «L'Europe ne vit pas une crise migratoire de la taille de celle de 2015», déclarait samedi le président Macron lors de sa conférence de presse avec aux côtés de Pedro Sanchez. « La crise que nous vivons actuellement est politique ».