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Allemagne Autriche Italie Immigration Migrations Internationales

Publié le • Modifié le

Création d’un axe entre Berlin, Vienne et Rome contre l’immigration illégale

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Poignée de main entre le chancelier conservateur autrichien, Sebastian Kurz (g) et le Bavarois très conservateur Horst Seehofer à Berlin, ce mercredi 13 juin 2018. REUTERS/Joachim Herrmann

Le chancelier conservateur Sebastian Kurz, à la tête d'une coalition avec l'extrême droite, était en visite à Berlin ce mercredi 13 juin. Il a notamment rencontré le très conservateur ministre de l'Intérieur d'Angela Merkel, Horst Seehofer, annonçant la création d'un axe entre Berlin, Vienne et Rome pour lutter contre l'immigration illégale.


Avec notre correspondante à Berlin,  Nathalie Versieux

Sebastian Kurz, dont le pays prend la présidence tournante de l'UE le 1er juillet, a parlé d'un « axe des volontaires dans la lutte contre l'immigration illégale ». C'est aussi un axe de ministres dont le discours flirte avec celui de l'extrême droite.

L'Autriche est favorable, tout comme le ministre allemand de l'Intérieur, à la création de centres de regroupement fermés, dans lesquels les demandeurs d'asile devraient séjourner pendant toute la procédure d'examen de leur dossier.

De tels centres se trouveraient idéalement en dehors de l'Union européenne, de l'avis du chancelier autrichien. La presse allemande spécule sur les îles dépeuplées de la Grèce ou sur l'Albanie.

La bonne entente affichée par les deux hommes affaiblit la position d'Angela Merkel, favorable, elle, à un accord européen en vue du sommet de l'UE de la fin juin. Angela Merkel a jusqu'ici rejeté les propositions de durcissement de l'accueil des réfugiés présentés par son ministre. Mais dans le camp des conservateurs allemands, elle semble de plus en plus isolée.

Agenda politique européen

Cet « axe des volontaires » entre l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche ne s'arrête cependant pas à ces trois pays, souligne Yves Pascouau, chercheur à l'université de Nantes. Ils sont loin d'être les seuls, en Europe, à tenir ce genre de positions.

« On peut y ajouter les ministres de la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie, la République tchèque. Mais aussi le Danemark et la Belgique. On a là aujourd’hui un ensemble de pas moins de 8 États membres qui sont dirigés par des ministres qui sont ouvertement hostiles à l’immigration, ouvertement pour des politiques restrictives. Donc ça risque de marquer durablement l’agenda politique européen. »

Par ailleurs, le chercheur pointe également qu’il est peu probable que les gouvernements favorables à une approche plus flexible fassent entendre leur voix. « Dans le contexte politique actuel, il n’est pas tout à fait certain que les États qui ont des positions plus modérées sur les questions migratoires décident de prendre la défense de politiques migratoires plus ouvertes. »

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