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Espagne Union européenne Réfugiés Immigration Migrations Internationales ONG

Publié le • Modifié le

L'Aquarius et l’accueil des migrants vivement débattus au Parlement européen

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Les migrants sont sauvés par les équipes de l'«Aquarius», le bateau de recherche et de sauvetage de SOS Méditerrannée et Médecins sans frontières, le 10 juin 2018. Le bateau est désormais en stand-by au large de Malte. Karpov/handout via REUTERS

L'Espagne a finalement accepté de prendre en charge le navire « Aquarius » affrété par l'ONG SOS Méditerranée, qui se trouvait dans les eaux internationales entre l'Italie et Malte avec à son bord 629 migrants dont 123 mineurs non accompagnés, 11 enfants en bas âge et 7 femmes enceintes. Une opération cependant rendue difficile par la distance : le port de Valence se trouve à plus de mille kilomètres. Malte et l'Italie avaient refusé que le bateau accoste dans l'un de leurs ports. Un sujet vivement débattu à Strasbourg, alors que s'est ouverte lundi la session plénière du Parlement européen.


Avec notre correspondante à Bruxelles, Joana Hostein

Un très beau geste de la part de l'Espagne s'est enthousiasmé l'eurodéputé franco-espagnol. Florent Marcellesi est, comme beaucoup au Parlement européen, très inquiet quant à l'attitude du nouveau gouvernement italien.

Il faut faire en sorte d’isoler au maximum l’extrême droite en Italie, et en général en Europe, qui en voix représente vraiment un vrai danger pour l’Europe, pour ce qu’on représente, mais surtout pour les personnes qui cherchent un futur meilleur en Europe.
Florent Marcellesi, eurodéputé vert 11/06/2018 - par Joana Hostein Écouter

Les parlementaires européens regrettent le manque de solidarité à l'égard des pays en première ligne. Ils dénoncent le blocage persistant sur la réforme des règles européennes en matière d'asile.

Il faut impérativement trouver un accord sur les migrants lors du sommet européen fin juin, insiste l’eurodéputée socialiste Elly Schlein. Elle s’adresse en particulier à Emmanuel Macron.

« Je n'aimerais pas que l'élan de Macron en faveur de l'Europe ne soit que de façade, dit-elle. S'il veut vraiment défendre et préserver le futur de l'Union européenne sur cette réforme, il est impératif qu'il montre à quoi sert l'Europe. A régler ensemble ce qu'aucun pays ne peut gérer tout seul. ».

Et de rappeler que le Parlement européen a fait sa part du travail en adoptant, en novembre dernier, le principe d'un mécanisme de relocalisation permanent et obligatoire pour les demandeurs d'asile.


■ Une solution non viable sur le long terme

Pierre Mendiharat, directeur adjoint des opérations de l’ONG Médecins sans frontières (MSF) France dont les équipes sont présentes à bord de l'Aquarius, estime que cette initiative ne règle rien.

Ça peut être une solution exceptionnelle pour ce cas tragique, mais sur le long terme ce ne sera pas une solution viable parce qu’il n’y a pas tellement de bateaux qui font du sauvetage en mer aujourd’hui, c’est la raison pour laquelle une initiative privée comme la nôtre s’est mise en place […] S’il faut 2-3 jours pour aller débarquer les migrants, c’est autant de jours pour revenir et c’est autant de jours pendant lesquels il n’y a pas de bateaux dans les zones de sauvetage.
Pierre Mendiharat, directeur adjoint des opérations de MSF France 12/06/2018 - par Anastasia Becchio Écouter