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Union européenne Iran Bulgarie

Publié le • Modifié le

Sommet UE-Balkans à Sofia: le nucléaire iranien s'est invité dans les débats

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Le président français Emmanuel Macron et l'hôte du sommet UE-Balkans, le président bulgare Borissov, ce jeudi 17 mai 2018 à Sofia. Krum Stoev/EU2018BG/Handout via REUTERS

Les Vingt-Huit se sont réunis ce jeudi 17 mai 2018 à Sofia, en Bulgarie, pour un sommet Union européenne-Balkans occidentaux. La réunion était initialement destinée à la relation avec les pays des Balkans du Sud, mais les dossiers chauds du moment, comme le nucléaire iranien, se sont invités à ce sommet. Les Européens ont annoncé jeudi leur première réplique concrète aux tentatives des Etats-Unis de Donald Trump d'isoler économiquement l'Iran. L'UE lance vendredi un processus de blocage des sanctions américaines a déclaré le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, à l'issue du sommet.


Dès mercredi soir, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Huit, les pays membres de l'UE, ont voulu, lors d'un dîner informel, marquer leur fermeté face au président américain sur les dossiers du nucléaire iranien mais aussi des taxes commerciales.

Il était urgent que les Européens parviennent à un consensus, au moins sur les premiers éléments de réponse, les premières solutions à mettre en œuvre via la Commission européenne, dans le bras de fer qui les oppose à l’administration américaine sur ces deux sujets-clés.

Le sommet a débuté ce jeudi matin. Dès son arrivée au centre de conférences, le président français Emmanuel Macron est revenu sur le dossier iranien et le retrait américain de l'accord international signé à Vienne en 2015.

Pour le chef de l'Etat français, il s'agit non seulement de sauver l'accord, mais aussi de l'étendre. Cette position, défendue depuis des mois par la France, a reçu un écho favorable au sein des Vingt-Huit selon le président de la République.

Oeuvrer pour maintenir le cadre de l’accord de 2015

« Depuis le début, l’Europe se tient unie, avec une volonté qui est de construire la paix et la stabilité dans la région, a assuré Emmanuel Macron. Et nous allons œuvrer pour maintenir le cadre de l’accord de 2015, quelles que soient les décisions américaines. »

Comment maintenir le cadre de l'accord ? « De manière très concrète, en apportant notre engagement politique, en faisant que nos entreprises puissent y rester et aussi en conduisant toutes les parties à poursuivre les négociations sur un accord plus large indispensable », poursuit le président français.

Indemnisation et protection financière des entreprises ; toutes doivent être soutenues, rapporte l’entourage du chef d'Etat, même si, on le sait, le cas des multinationales est plus complexe. En témoigne Total, qui hésite par exemple à maintenir un projet gazier.

Autre point, la réactivation de la loi de 1996, qui avait déjà permis de gérer une situation similaire de sanctions extraterritoriales. Enfin, à plus long terme, les Européens travaillent à une riposte à cette notion d’extraterritorialité, qu’ils considèrent comme une violation de leur souveraineté.

à (re)lire: Nucléaire iranien: après le retrait américain, l’Europe face à ses défis

L’accord de 2015 a cependant besoin d’être « complété par un accord sur le nucléaire après 2025, un accord sur les activités balistiques et la présence régionale », considère Emmanuel Macron. Des discussions sont en cours et la France a obtenu un soutien des Européens sur ces aspects.

« J’ai moi-même, à deux reprises, parlé au président Rohani sur ce sujet et il y a une unité très forte des trois pays en particulier que sont Grande-Bretagne, l'Allemagne, la France sur ce sujet », explique M. Macron.

Et d'ajouter qu'il y a eu, dès mercredi, « une vraie unité européenne pour rappeler notre engagement dans ce cadre et notre volonté de préserver une souveraineté stratégique et économique de l’Europe ».

« Mon intérêt n'est pas commercial », déclare Emmanuel Macron

La France a pour priorité la stabilité du Moyen-Orient et pas un « intérêt commercial » quand elle oeuvre pour maintenir l'accord nucléaire iranien, a déclaré à Sofia le président français. « Le sujet est avant tout géopolitique. Nous n'allons pas devenir des alliés de l'Iran contre les Etats-Unis ! Et nous n'allons pas déclencher une guerre commerciale avec les Etats-Unis sur l'Iran ou contre-sanctionner des entreprises américaines », a lancé le président Macron à l'issue d'un sommet UE-Balkans à Sofia.

« L'Histoire est revenue et le temps des décisions est là », a également déclaré le président français.

Une réponse collective face au protectionnisme américain ?

Concernant les échanges commerciaux, les choses sont désormais très claires : si le 31 mai, les Etats-Unis n’accordent pas une exemption permanente des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, alors les discussions commerciales transatlantiques seront suspendues.

Or, ces discussions sont importantes pour les intérêts américains, rappelle notre envoyée spéciale à Sofia, Juliette Gheerbrant. Elles portent sur une réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), sur la question des normes, la lutte contre les surcapacités et les accès aux marchés respectifs de façon plus large.

L'UE lance vendredi un processus de blocage des sanctions américaines

« Nous devons maintenant agir », a déclaré le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, à l'issue du sommet. « C'est la raison pour laquelle nous lançons le processus de la loi de blocage, le 'blocking status' de 1996, qui vise à neutraliser les effets extraterritoriaux des sanctions américaines », a-t-il déclaré devant la presse. « Nous devons le faire et nous le ferons demain matin à 10H30 », a-t-il ajouté.

Jean-Claude Juncker: «Nous lançons le processus de la loi de blocage, le 'blocking status' de 1996» 17/05/2018 - par Juliette Gheerbrant Écouter

 

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