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Royaume-Uni Russie

Publié le • Modifié le

Ex-espion empoisonné: May pointe la responsabilité «très probable» de la Russie

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Un policier britannique monte la garde devant un restaurant fréquenté par Sergueï Skripal et sa fille peu avant d'être retrouvés sur un banc de Salisbury. REUTERS/Peter Nicholls

La Première ministre britannique Theresa May a affirmé lundi 12 mars qu'il était « très probable que la Russie soit responsable » de l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal. Une attaque qu'elle a qualifiée d' « aveugle et imprudente contre le Royaume-Uni ». Elle a donné jusqu'à mardi soir à Moscou pour fournir des explications. Le Kremlin a dénoncé un « numéro de cirque » et une « provocation ».


Theresa May n’y est pas allée par quatre chemins, confirmant ce que beaucoup soupçonnaient depuis 8 jours : c’est-à-dire qu’il est « hautement probable » que Moscou soit impliquée dans cette attaque perpétrée à Salisbury.

La Première ministre a expliqué devant les députés britanniques que l’ancien espion russe Sergueï Skripal et sa fille Youlia avaient été empoisonnés par un « agent innervant de grade militaire » appelé Novichok, une substance neuro-toxique que la Russie a fabriquée dans le passé et aurait encore la capacité de fabriquer.

Ce qui signifie que soit l’Etat russe est directement responsable de leur empoisonnement, soit qu’il a permis à d’autres de se procurer l’agent neurotoxique utilisé à Salisbury, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

Quoi qu’il en soit, a poursuivi Theresa May, le Royaume-Uni ne tolèrera pas que des actes qu’elle a qualifiés d’« odieux et irresponsables » soient commis sur son sol. En conséquence, le gouvernement a demandé à l’ambassadeur russe à Londres de fournir d’ici mardi un rapport complet sur le programme Novichok.

Et si la réponse apportée par Moscou n’est pas jugée « crédible », de nouvelles sanctions contre la Russie seront annoncées, mais pas avant mercredi, le temps que Londres obtienne le soutien de ses alliés notamment au sein de l’Otan afin que ses mesures de rétorsion aient le plus de poids possible.

Un « numéro de cirque » pour Moscou

Elle a rappelé que l'empoisonnement s'inscrivait « dans un contexte bien établi d'agression menée par l'Etat Russe », mentionnant le conflit au Donbass, l'« annexion illégale de la Crimée », les violations « répétées » de l'espace aérien de plusieurs pays européens, des campagnes de cyberespionnage, ainsi que l'« attaque barbare » contre Alexandre Litvinenko, ancien agent secret russe empoisonné au Polonium-210 et mort à Londres en 2006.

La Russie a aussitôt rejeté lundi les accusations de la Première ministre britannique. « C'est un numéro de cirque devant le Parlement britannique », a affirmé la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, citée par des agences de presse russes. L'allocution Theresa May devant les députés britanniques constitue une nouvelle « campagne politique fondée sur la provocation », a-t-elle ajouté.

« Avant d'inventer de nouvelles histoires à dormir debout, poursuit Maria Zakharova, il faudrait d'abord nous expliquer comment se sont terminées les précédentes ». Une allusion aux autres affaires criminelles imputées à la Russie par la justice britannique - à commencer par la mort d'Alexandre Litvinenko, l'ancien espion russe empoisonné au Polonium 210 en 2006. Le ton avait d'ailleurs été donné plus tôt dans la journée par Vladimir Poutine lui-même: interrogé par la BBC le président russe avait conseillé aux Britanniques de « tirer les choses au clair » avant d'en parler à la Russie.

Le 4 mars dernier, Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans, ont été découverts empoisonnés sur un banc de la petite ville de Salisbury, dans le sud de l'Angleterre. Ils sont dans un état « critique mais stable, en soins intensifs », tandis qu'un policier, également victime de l'agent innervant, est « conscient » et se trouve « dans un état grave mais stable ».

C’est une allocution en forme d’ultimatum. C’est pour Theresa May une façon de se poser, sur la scène interne, comme inflexible sur le respect de la souveraineté britannique et, sur la scène internationale, de marquer la distance qui sépare désormais le Royaume-Uni de la Russie.
Cyrille Bret maître de conférence à Sciences Po 12/03/2018 - par Jelena Tomic Écouter

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