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Turquie Justice médias Droits de l’homme

Publié le • Modifié le

Turquie: reprise sous tension du procès de plusieurs journalistes de renom

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La journaliste turque Nazli Ilicak (c.) lors d'une sortie à l'hopital vers l'hôpital de Bodrum, le 26 juillet 2016. REUTERS/Kenan Gurbuz

Reprise sous tension ce lundi 12 février, à Istanbul, du procès de plusieurs journalistes turcs de renom, dont la chroniqueuse Nazli Ilicak, le romancier et journaliste Ahmet Altan ainsi que son frère, l'écrivain Mehmet Altan, accusé de complicité avec le putsch manqué de juillet 2016.


Ragip Duran est journaliste, il est lui-même condamné à un an et demi de prison par contumace pour avoir soutenu un quotidien kurde avec une soixantaine de journalistes. Il explique à RFI pourquoi une partie de l’équipe d’un journal, Cumhuriyet, passe en justice ce lundi  : « Cumhuriyet qui veut dire "République" est presque le seul quotidien sérieux et d’opposition du pays. Il y avait au départ plus de huit collègues qui ont été arrêtés, quatre ont été libérés, quatre autres avec le directeur de la publication en plus, le PDG du quotidien, sont toujours en prison. Ils avaient publié une série d’informations sur le transfert d’armes de service de renseignement turc pour les jihadistes en Syrie. L’information était vraie parce qu’il y avait des documents, il y avait des photos, etc. D’ailleurs le pouvoir n’a pu démentir la véracité de l’information, mais selon eux, il s’agit essentiellement de révéler les secrets d’Etat. »

Ragip Duran rappelle qu’il  y a au moins « 150 journalistes en prison, et plus de 260 journalistes qui sont actuellement en liberté, mais qui sont jugés ». « Jusqu’au 20 janvier, c’était essentiellement des gens de différents métiers qui ont été arrêtés, jugés, après mis en prison à cause de leur opposition contre le palais présidentiel. Depuis le 20 janvier - parce que le 20 janvier c’est la date du début de l’implication de l’armée turque en Syrie du Nord -, tous les gens, même sur les médias sociaux, qui revendiquent la paix, sans parler même de la Syrie, sont poursuivis. Il y à peine deux jours le ministre de la Justice a déclaré que depuis le 20 janvier, 639 personnes ont été interpellées pour avoir partagé des messages sur des médias sociaux, ce qu’ils appellent "contre l’armée turque", alors qu’il s’agissait, enfin essentiellement, de défendre la paix. »

D'après une information reprise par le journal Le Temps, la Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF).

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