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Publié le • Modifié le

L'Allemagne se débat avec sa nouvelle loi sur les réseaux sociaux

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En Allemagne, nombreux sont ceux qui dénoncent la nouvelle loi censée combattre les propos haineux sur les réseaux sociaux et qui aboutirait, selon eux, à restreindre la liberté d'expression et à confier aux géants de l'internet le rôle de censeur. cnythzl/ Getty Images

Une nouvelle loi entrée en vigueur au début du mois en Allemagne pour lutter contre la publication de propos illégaux sur les réseaux sociaux suscite des polémiques. Ses opposants dénoncent des excès et une atteinte à la liberté d’expression.


De notre correspondant,

La NetzDG, c’est son abréviation allemande oblige les réseaux sociaux à supprimer dans un délai de 24 heures, parfois plus long, des propos haineux, racistes ou discriminatoires. Si Facebook, Twitter, Instagram et les autres ne réagissent pas dans les temps, des amendes très lourdes pouvant atteindre 50 millions d’euros peuvent être prononcées. Cette loi adoptée l’an dernier se veut une réaction au développement de publications illégales. On l’a vu notamment avec l’arrivée de nombreux réfugiés qui a donné lieu à une avalanche de propos xénophobes. Auparavant, les réseaux sociaux effaçaient aussi certains contenus mais sur la base de leurs propres règles pas toujours transparentes et souvent critiquées.

Quid de la liberté de la presse ?

Les effets de la loi n’ont pas tardé à se faire sentir avec des premiers cas qui ont défrayé la chronique. Une des premières personnes concernées a été une députée d’extrême-droite de l’Alternative pour l’Allemagne. Elle avait critiqué le fait que la police de Cologne à la Saint-Sylvestre ait publié des tweets en arabe et s’était interrogée: « S’adresse-t-on aux hommes barbares musulmans et violeurs en arabe pour tenter de les amadouer? ». Sa publication a été effacée et son compte Twitter bloqué pour quelques heures, ce que ne prévoit pas la nouvelle loi.

Peu après, c’est le magazine satirique Titanic qui se moquait de la députée qui voyait son compte Twitter bloqué durant deux jours. Il avait publié : « Pourquoi la police allemande utilise-t-elle des chiffres arabes? Je ne vais quant même pas appeler le 110 (le numéro de la police) si des hordes de barbares veulent me violer ». Et le ministre de la Justice lui même, le père de la loi, a été victime de son propre texte. Quelqu’un a critiqué un tweet vieux de plusieurs années dans lequel il traitait un autre homme politique d’idiot.

Un texte comparé aux méthodes de la Stasi

Les populistes de droite, les libéraux et les Verts dénoncent une loi liberticide. Ses opposants critiquent le fait que l’Etat délègue la sanction de délits à des entreprises privées qui par craindre d’amendes salées préfereraient effacer des publications à la va-vite et sans grand discernement. L’effacement trop rapide de publications finalement légales n’est lui en revanche pas sanctionné si un réseau social a commis une erreur. L’AfD a comparé le texte à la police secrète de l’Allemagne de l’Est communiste, la Stasi, un responsable libéral estime que « l’état de droit a capitulé », l’association des journalistes allemands parle de « censure » et d’une loi « absurde ».  Le porte-parole du gouvernement a annoncé qu’une évaluation « très précise »de la loi aura lieu et que des conséquences en seront tirées rappelant que la liberté d’opinion ancrée dans la Constitution allemande était un droit essentiel.

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