rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

Espagne

Publié le • Modifié le

Catalogne: Puigdemont promet l'indépendance, suspend son application

media
Le président séparatiste catalan Carles Puigdemont devant le Parlement catalan, le 10 octobre 2017. REUTERS/Albert Gea

Carles Puigdemont, le président de la région catalane, a pris la parole avec une heure de retard mardi soir devant le Parlement régional à Barcelone. Il s'est exprimé sur les « conséquences politiques » du référendum catalan, soulignant la nécessité de « réduire les tensions » avec les autorités de Madrid. Selon lui, la Catalogne a gagné le droit d'être un Etat indépendant.


Carles Puigdemont a demandé au Parlement de suspendre l'application de la déclaration d'indépendance pour pouvoir dialoguer avec Madrid. Costume et cravate sombres, l'air grave, Carles Puigdemont, un ancien journaliste de 54 ans, devait définir sa ligne après le référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre au cours duquel son gouvernement assure que le « oui » l'a emporté à plus de 90% pour un taux de participation de 43%.

« J'assume le mandat selon lequel la Catalogne doit devenir un Etat indépendant sous la forme d'une République », a-t-il dit devant le Parlement de Barcelone. « Je propose de suspendre la mise en oeuvre de cette déclaration d'indépendance pour entamer des discussions afin de parvenir à une solution négociée. » Carles Puigdemont n'a cependant pas demandé un vote explicite du Parlement en faveur de cette déclaration d'indépendance.

« La Catalogne a gagné le droit d'être un Etat indépendant », a estimé le président de la Generalitat, en s'appuyant sur le résultat du référendum du 1er octobre.

Le gouvernement conservateur espagnol a estimé mardi soir que la stratégie de Carles Puigdemont, qui a selon lui déclaré implicitement l'indépendance, n'était « pas admissible », tout comme son offre postérieure de suspendre celle-ci. « Une déclaration implicite d'indépendance, suivie ensuite d'une suspension explicite (...) n'est pas admissible » a déclaré un porte-parole à Madrid. De leur côté, des alliés du gouvernement catalan ont regretté une « occasion perdue de proclamer solennellement» l'indépendance ».

Une réunion extraordinaire du Conseil des ministres est prévue ce mercredi a annoncé dans la soirée le gouvernement espagnol.


L'indépendance catalane, le rêve de Carles Puigdemont

Né pendant la dictature franquiste en 1962, dans un village de la région de Gérone, Carles Puigdemont est le deuxième d'une fratrie de huit enfants. Il a baigné dès sa plus tendre enfance dans un climat nationaliste catalan.

A 20 ans, il cofonde les Jeunesses de Catalogne, formation proche de Convergence démocratique de Catalogne, un parti régionaliste, centriste, libéral et pro-européen. Il rencontre Jordi Pujol, président de la Catalogne de 1980 à 2003.

Carles Puigdemont fait des études de littérature et de linguistique, ses passions sont le journalisme et les nouvelles technologies. Il travaille à la revue El Punt,  « Le Point », où il devient rédacteur en chef, puis il prend la tête d'une revue en anglais, Catalonia Today. Sa femme, une Roumaine, avec laquelle il a deux filles, est également journaliste.

Elu au Parlement catalan en 2006, Carles Puigdemont gagne, en 2011, la mairie de la ville de Gérone, où il devient très populaire. En 2016, il est élu président de la Catalogne par le Parlement, certains partis de la coalition ayant préféré barrer la route au président sortant Artur Mas, mêlé à des scandales de corruption. Désormais, Carles Puigdemont peut se consacrer à son rêve, il fait tout pour mettre en oeuvre le référendum du 1er octobre.

(Re)écouter l'édition spéciale Catalogne du 10/10/2017

Edition spéciale Catalogne - 10/10/2017 20h10 - 20h30 10/10/2017 - par Marie Casadebaig Écouter