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Espagne

Publié le • Modifié le

Catalogne: pression maximale avant un discours crucial sur l’indépendance

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Des manifestants brandissent le drapeau espagnol et celui de l'estelada (indépendance de la Catalogne) le 5 octobre à Barcelone. REUTERS/Vincent West

La Catalogne vit des heures d'extrême incertitude. Son président séparatiste Carles Puigdemont menace toujours de proclamer l'indépendance ce mardi 10 octobre, au risque d'aggraver la pire crise politique qui touche le pays depuis le rétablissement de la démocratie en Espagne.


Tous les regards sont tournés vers lui. Carles Puigdemont va-t-il déclarer l'indépendance de la Catalogne ce mardi 10 octobre ? Tout porte à le croire, même si le président séparatiste de cette région d'Espagne avait jusqu’à présent joué la montre en réclamant une « médiation internationale ».

En effet, ses demandes n'ont trouvé écho ni auprès du gouvernement, qui refuse d'être traité d'égal à égal avec M. Puigdemont, ni auprès des instances européennes, solidaires de Madrid. Il pourrait donc choisir de déclarer l'indépendance de manière « symbolique », avec une mise en œuvre différée, pour ne pas perdre la face et laisser une place à un dialogue.

Mariano Rajoy reste ferme

L'énorme manifestation en faveur de l'unité de l'Espagne, qui a réuni autour de 500 000 personnes dans les rues de Barcelone dimanche, a donné un argument de poids à ceux qui sont opposés à la sécession. Jamais une telle marche n'avait eu lieu dans la capitale catalane pour revendiquer l'unité de l'Espagne. Cet événement donne au chef du gouvernement Mariano Rajoy un argument de poids pour être plus ferme que jamais. Le pouvoir central l'a dit et répété : si Carles Puigdemont se livre au Parlement de Barcelone à une déclaration unilatérale d'indépendance, Madrid appliquera aussitôt l'article 155 de la Constitution, qui permet de retirer son autonomie à une région si l’unité du pays est en jeu. « Si l'indépendance est proclamée unilatéralement, le gouvernement ne restera pas sans réponse », menace d'ailleurs la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria.

Carles Puigdemont donne une conférence de presse à Barcelone, le 2 octobre 2017. LLUIS GENE / AFP

Cependant, il faudrait alors faire à nouveau intervenir la police espagnole qui s’est discréditée le jour du référendum en maltraitant la population. Les violences qui ont émaillé la journée de vote ont laissé des traces même dans les propos de la vice-présidente du gouvernement pour qui le président du gouvernement catalan reste un « fanatique » qui cherche à « précipiter la Catalogne vers l'abîme ».

Les pressions s’accentuent

L'exécutif catalan et Carles Puigdemont font l'objet de pressions de plus en plus intenses. Ainsi, Pedro Sanchez, le dirigeant socialiste espagnol, a lancé un avertissement désespéré à Carles Puigdemont : « Arrêtez tout ». En cas de déclaration unilatérale d’indépendance, les socialistes soutiendront la réponse du gouvernement espagnol.

L'influente maire de Barcelone, Ada Colau, qui a souvent défendu un référendum légal, s'est elle aussi prononcée ce lundi contre une déclaration unilatérale d'indépendance du gouvernement catalan, appelant à la retenue et à la réflexion pour ne pas faire voler en éclats les possibilités de dialogue.

Enfin, la tension se fait aussi sentir sur le climat des affaires de la Catalogne, la région la plus riche d'Espagne. Dans le sillage des décisions prises par les banques Caixabank et Sabadell, le groupe immobilier Inmobiliaria Colonial et le gestionnaire d'autoroutes Abertis ont choisi lundi de transférer leur siège à Madrid.

Mais pour l’instant, rien n’a fait infléchir Carles Puigdemont. Ni les centaines de milliers de personnes descendues dans les rues de Barcelone ce week-end ni les inquiétudes exprimées par les milieux économiques en Catalogne et dans le reste de l’Espagne.

Il y a les jeunes ici qui disent ne plus se sentir espagnols. Ils ont un sens de l’indépendance plus violent que nous, plus radical, plus revendicatif.
Les indépendantistes catalans dans l'attente Reportage dans un quartier de Barcelone où les pro indépendance sont majoritaires. 09/10/2017 - par Véronique Gaymard Écouter