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Espagne

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Catalogne: la justice espagnole menace d'arrêter les maires pro-référendum

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Ce 11 septembre, c’est la journée de la Catalogne, la Diada…les indépendantistes catalans ont défilé à Vilafranca del Penedes, le 10 septembre 2017. REUTERS/Albert Gea

Le parquet général d'Espagne a ordonné ce 13 septembre aux procureurs de Catalogne qu'ils citent à comparaître les maires de la région prêts à organiser le référendum d'autodétermination illégal du 1er octobre, quitte à les faire arrêter s'ils ne se présentent pas.


Le parquet espagnol ordonne aux procureurs de citer à comparaître en tant que mis en examen les centaines de maires ctalans qui se sont déclarés prêts à organiser la consultation sur l'indépendance. Au cas où un maire ne répondrait pas, le parquet demande d'ordonner son arrestation pour qu'il comparaisse.

Sur Twitter, l'Association des maires indépendantistes (AMI), qui rassemble environ 750 des 948 mairies catalanes, a réitéré son soutien à ces élus. Selon une liste diffusée par cette association, 712 maires sont disposés à mettre des locaux à disposition de l'exécutif catalan pour organiser le 1er octobre un référendum d'autodétermination interdit par la Cour constitutionnelle.

Le 8 septembre dernier, la cour avait d'ailleurs ordonné qu'ils soient prévenus par écrit des risques encourus s'ils participaient à l'organisation de la consultation en ignorant ses décisions. Le parquet passe donc à la vitesse supérieure en ordonnant une enquête sur chaque édile afin de déterminer s'ils ont bien confirmé leur participation, et le cas échéant qu'ils comparaissent en qualité de mis en examen, assistés d'un avocat.

S'ils ne le font pas volontairement, ils devront être arrêtés et amenés par la police catalane au parquet dans le délai le plus bref possible. Le parquet recommande, vu le nombre de municipalités concernées, que ses ordres soient mis à exécution en priorité dans les municipalités les plus peuplées. 30 maires séparatistes, membre de la formation anticapitaliste CUP, ont déjà annoncé qu’ils n’iront pas à cette convocations et qu’ils désobéiront, explique notre correspondant à Madrid François Musseau.

Parallèlement, le chef du gouvernement Mariano Rajoy a appelé solennellement tous les Catalans à ne pas participer à ce rendez-vous électoral, qu'il qualifie « d'initiative antidémocratique ».

L’avenir proche est très incertain, mais les séparatistes se heurtent à un grand obstacle : les mossos, la police régional catalane, ont été sommés par le parquet de saisir les urnes, les bulletins et tout matériel lié à la tenue de ce référendum.

Poussée de fièvre indépendantiste

La Catalogne, qui compte 7,5 millions d'habitants, vit depuis le début des années 2010 une poussée de fièvre indépendantiste, liée notamment à l'annulation partielle d'un statut qui lui conférait le titre de « nation » et des compétences élargies.

Les nationalistes et séparatistes catalans, majoritaires au parlement de cette région du nord-est depuis septembre 2015 réclament depuis 2012 un référendum d'autodétermination, que Madrid leur refuse en s'appuyant sur des arrêts de la Cour constitutionnelle jugeant ce type de consultation anticonstitutionnel.

Mais les indépendantistes jugent cette cour illégitime et politisée, soulignant que sur ses 12 magistrats, dix ont été nommés par des majorités parlementaires conservatrices. Ils ont donc décidé d'ignorer ses arrêts et d'organiser ce référendum à l'issue duquel ils entendent déclarer l'indépendance si le « oui » l'emporte.

(avec AFP)