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Turquie Recep Tayyip Erdogan

Publié le • Modifié le

Un an après, la Turquie commémore le putsch manqué

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un office religieux en hommage aux victimes du coup d'Etat manqué du 15 juillet 2016, à la mosquée du palais présidentiel à Ankara, le 14 juillet 2017. STR / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP

La Turquie s'apprête à commémorer ce week-end le premier anniversaire de la tentative de putsch raté. Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, des éléments de l'armée avaient voulu renverser le président Recep Tayyip Erdogan. Bilan : 200 morts et 1500 blessés. Aujourd'hui, le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan semble plus total que jamais. Et le président turc entend bien faire de ces commémorations le symbole de son régime. Plus de 7000 policiers, soldats et membres de ministères ont été limogés ce vendredi, à la veille des commémorations du putsch manqué.


Le 15 juillet, les transports sont gratuits à Istanbul, les opérateurs de téléphonie mobile offrent des minutes gratuites, les minarets des mosquées lancent des prières spéciales pour les martyrs, c'est le Jour de la démocratie et de l'union nationale, une journée qui va très certainement devenir officiellement fériée, dans les années à venir, rapporte notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette.

Recep Tayyip Erdogan sera ce 15 juillet au soir sur le pont du Bosphore où ses supporters ont affronté les putschistes, le pont a d'ailleurs été rebaptisé Pont des martyrs du 15 Juillet. Il se rendra ensuite à Ankara pour prononcer un discours dans la nuit à 2h32 précisément, heure à laquelle le Parlement avait été bombardé.

Un an plus tard, les autorités turques veulent faire de la victoire contre les putschistes l'un des socles de leur pouvoir, un pilier de la « Nouvelle Turquie » qu'ils veulent construire. Recep Tayyip Erdogan le répète depuis un an c'est, la « deuxième guerre d'indépendance » pour la Turquie, au risque de faire de l'ombre au fondateur de la République, Mustafa Kemal Atatürk.

Gülen dénonce un «putsch abject» et la «persécution» menée par Ankara

Dans un communiqué, le prédicateur turc Fethullah Gülen, qui vit aux Etats-Unis et qui est désigné par Ankara comme le cerveau du coup d'Etat avorté du 15 juillet 2016, a dénoncé ce vendredi un « putsch abject » et condamné la « chasse aux sorcières » menée par les autorités turques. Il condamne également la « persécution sans précédent » contre son mouvement « Hizmet ».

→(Re)lire: Turquie: retour sur un coup d’Etat avorté et meurtrier

Devant un mémorial en hommage aux victimes de la tentative de putsch, la statue d'Omer Halisdemir, le sergent qui a changé la donne la nuit de la tentative de coup d'Etat en abattant le chef des putschistes, à Istanul, le 14 juillet 2017. OZAN KOSE / AFP

Nouvelle purge à la veille de l'anniversaire du putsch

L'opposition turque et des ONG accusent le pouvoir du président Recep Tayyip Erdogan d'avoir profité du putsch avorté du 15 juillet 2016 pour éliminer toute voix critique dans le pays. En tout cas, le bilan des purges est très lourd.

Plus de 7 563 personnes ont été limogées ce vendredi par le biais d'un nouveau décret, la veille des commémorations du putsch manqué : policiers, soldats et membres de ministères, selon l'agence de presse officielle Anadolu.

Près de 170 000 personnes à travers la Turquie ont fait l'objet de procédures judiciaires depuis un an. C'est le ministère turc de la Justice qui donne ces chiffres et il précise qu'actuellement plus de 50 000 personnes sont incarcérées et environ 48 000 sont en liberté, mais sous contrôle judiciaire. Ont été visés les partisans du prédicateur Fettulah Güllen, bête noire du président Recep Tayyip Erdogan, mais aussi les milieux politiques pro-kurdes, les médias qui ont critiqué le régime d'Ankara et des organisations non-gouvernementales.

Plus de 100 000 personnes ont été radiées de la fonction publique, notamment au sein de l'Education nationale, de l'armée et du ministère de l'Intérieur, mais des médecins et des employés du ministère de la Santé n'ont pas été épargnés non plus.

L'organisation Reporters sans frontières précise que plus d'une centaine de journalistes sont actuellement en prison et que près de 150 médias ont été fermés par décret, seule une vingtaine d'entre eux ayant pu rouvrir. D'autres sanctions ont été imposées aux journalistes, comme des cartes de presse annulées, des retraits de passeports ou des confiscations de biens. Plusieurs journalistes étrangers ont été incarcérés, et des journalistes turcs ont dû se résoudre à demander l'asile politique à l'étranger.

Chronologie et chiffres clés