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Brexit Royaume-Uni Theresa May

Publié le • Modifié le

Brexit : en difficulté, Theresa May démarre les négociations avec l'UE

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La Première ministre britannique Theresa May, le 14 juin 2017 au 10 Downing Street, à Londres. REUTERS/Peter Nicholls

La Première ministre britannique Theresa May, affaiblie par ses mauvais résultats lors des législatives et les vives critiques sur sa réaction après l’incendie de la Grenfell Tower, entame les négociations dans un contexte difficile. Elle qui souhaitait un mandat solide pour pouvoir renforcer sa position dans les négociations est aujourd’hui sur le point de perdre sa place à la tête de l'exécutif.


David Davis, le ministre britannique en charge du Brexit, rencontrera Michel Barnier à Bruxelles le 19 juin pour démarrer ces discussions. La Première ministre Theresa May ne devrait que très peu intervenir dans ces négociations initiales, elle qui doit faire face à une véritable rébellion sur le territoire national.

D’après le journal Sunday Times, une douzaine de députés conservateurs ont prévenu la Première ministre qu’ils contesteraient sa position si elle ne prouve pas rapidement qu’elle est apte à gouverner, rapporte notre correspondante à Londres, Marina Daras.

Theresa May poussée vers la sortie

Les députés conservateurs sont de plus en plus nombreux à douter de Theresa May. Certains ministres de son propre gouvernement ont également laissé entendre qu’ils l’évinceraient si elle ne parvenait pas à avoir la majorité des voix lors du prochain vote parlementaire.

Theresa May se retrouve donc poussée dehors par son propre camp alors qu’elle tente de sortir son pays de l’Union européenne (UE). Certains en profitent donc pour l’inciter à négocier un Brexit plus souple et à revenir sur certaines de ses positions, telles que la sortie du marché unique européen.

Cette situation est aussi chaotique pour l’UE, qui redoute que les négociations ne s’éternisent et ne dépassent le délai prévu si le Royaume-Uni ne retrouve pas rapidement une situation politique plus stable. Michel Barnier souhaite conclure cette première phase de négociations d'ici décembre 2017 afin de pouvoir entamer les discussions sur l'avenir des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne post-Brexit.

Ambiance délétère

Or, l'ambiance entre les Européens et le gouvernement britannique est délétère et certains à Bruxelles ont l'impression que Theresa May s'est engouffrée dans cette date du 19 juin proposée par les Européens dans le but de ne pas se trouver encore plus en porte-à-faux lors du sommet européen qui s'ouvre jeudi.

Sa position va déjà y être suffisamment inconfortable après l'échec de son pari des législatives anticipées, échec qui la met en position de faiblesse, à la merci de ses alliés protestants nord-irlandais et des plus extrémistes de son parti.

Les négociations de ce lundi auront surtout comme objectif d'organiser le rythme du travail à venir et l'ordre dans lequel seront traités les sujets mis en avant comme priorités par les Européens. Il s'agit notamment des droits des citoyens bientôt expatriés dans l'UE ou au Royaume-Uni, de la frontière entre l'Irlande et l'Ulster et de la fameuse facture de départ.


Quid des expatriés européens ?

Que vont devenir les 3 millions d'Européens qui vivent actuellement au Royaume-Uni ? Il s'agit de l'une des questions les plus attendues de ces négociations sur le Brexit.

D'après Renaud Thillaye, expert des questions européennes et du Brexit dans un cabinet de conseil basé à Londres, le gouvernement britannique en a fait une priorité. « Des Britannniques et du côté européen, on a bien conscience que le sort des citoyens représente ce qui importe le plus et là où on a besoin de rassurer, analyse-t-il. Un point de négociation peut rendre cette question des droits des citoyens difficile : la volonté des conservateurs britanniques de restreindre les conditions de regroupement familial »

Pour Audrey, une jeune française vivant à Londres depuis six ans, l'incertitude autour du statut des expatriés européens est pesante. Elle réclame des garanties. « Cela va faire un an que le Brexit a été déclenché, je ne sais pas si je vais devoir avoir un visa de travail, si je vais pouvoir rester et quelles en seront les conséquences, se plaint-elle. Je suis ici depuis plusieurs années et j'ai envie de voir quelque chose en retour ».

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