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Royaume-Uni Union européenne Brexit Theresa May

Publié le • Modifié le

Pour l’UE, les élections britanniques ne changeront rien aux négociations

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Côté UE, le scrutin anticipé «ne change pas les plans» des 27, a réagi un porte-parole du président du Conseil européen Donald Tusk. REUTERS/Thierry Roge

Au Royaume-Uni, des élections législatives anticipées auront lieu le 8 juin. Normalement, ces législatives devaient se tenir en 2020. L'objectif, a expliqué la Première ministre britannique Theresa May, c'est de se doter d'une majorité parlementaire forte et stable durant les négociations du Brexit. Du côté de l'Union européenne, on affirme que ces élections anticipées ne modifient pas le calendrier des négociations entre Bruxelles et Londres.


De notre bureau à Bruxelles,

« Ces élections ne changent rien aux projets des 27 », dit un porte-parole du président du Conseil européen. Donald Tusk doit présider un sommet à Bruxelles le 29 avril prochain. Un sommet des dirigeants de l'Union, hors Royaume-Uni. Les 27 décideront ce jour-là des premières orientations pour négocier le Brexit avant d'adopter des directives détaillées au mois de mai.

C'est « un nouveau pari politique de Theresa May », écrit pour sa part le groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen. « Pour nous, rien ne change, toujours unis pour un Brexit juste ».

Les Britanniques pourront dire quel type de relation ils veulent exactement avec l'UE, affirme de son côté le négociateur du Parlement européen sur le Brexit, Guy Verhofstadt. « Je travaillerai avec le futur gouvernement en faveur du meilleur avenir commun possible », écrit-il sur son compte Twitter.

Pour un autre responsable européen, « cela concerne les affaires intérieures du Royaume-Uni ». Mais il ajoute quand même : « C'est une bonne chose, car il en ressortira un dirigeant fort, à même de négocier avec l'Union avec un solide soutien de l'électorat ».


■ La stratégie de Theresa May

L'annonce d'élections anticipées de Theresa May a surpris les Britanniques y compris les parlementaires qui doivent se prononcer ce mercredi. Une surprise, car Theresa May avait affirmé à plusieurs reprises qu’elle n’organiserait pas d’élections anticipées, il lui faudra d’ailleurs obtenir les deux tiers des votes de parlementaires ce mercredi pour pouvoir dissoudre l’Assemblée.

La réaction de Jeremy Corbyn, le chef de l’opposition travailliste, qui a bien accueilli la décision de Theresa May, laisse peu de doute sur le résultat de ce vote. Elle devrait l’emporter avec les voix des travaillistes.

La stratégie de Theresa May pour pouvoir négocier plus confortablement la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est d'élargir sa majorité qui n’est que de 17 sièges en profitant de la faiblesse des travaillistes divisés notamment sur la question du Brexit.

Quant au troisième parti, les libéraux démocrates, ils appellent les pro-européens à saisir cette chance pour éviter un Brexit dur. Ces législatives risquent d’avoir un air de référendum pour ou contre le Brexit.

Il y a un tel courant qui va dans le sens du gouvernement en ce moment que l’hypothèse que l’on peut poser, c’est celle d’une large majorité pour Theresa May qui aura donc les coudées franches pour pouvoir neutraliser son aile droite, sortir de l’Union européenne de manière assez nette et sèche, et surtout encore plus peut-être même annihiler le parti travailliste.
Une décision tactique pour Philippe Marlière, professeur de sciences politiques à University College London 18/04/2017 - par Piotr Moszynski Écouter

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