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Publié le • Modifié le

Couloirs humanitaires aériens pour les migrants: le rôle de Sant'Egidio

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Depuis un an des réfugiés syriens parmi les plus vulnérables.ont pu quitter le Liban en avion ou à bord d'un navire, dans des conditions légales. AFP PHOTO / ANWAR AMRO

La France ouvre ses premiers couloirs humanitaires pour les réfugiés syriens et irakiens. Un accord a été signé ce mardi 14 mars 2017 à l'Elysée, en présence de François Hollande et de plusieurs associations chrétiennes, comme la Fédération de l'entraide protestante et le Secours catholique. Elles prendront en charge durant un an et demi la répartition de 500 personnes.


C'est le 29 février 2016 que les premiers réfugiés syriens sont arrivés sur le sol italien, relate notre correspondant à Rome, Olivier Bonnel. Une arrivée en toute sécurité, depuis un vol régulier Alitalia en provenance de Beyrouth. La communauté Sant'Egidio a senti une « sympathie particulière de l'Italie » pour la Syrie, comme le rappelle Andrea Riccardi, le fondateur de la communauté catholique.

Mais si ces couloirs ont pu avoir lieu, c'est avant tout pour sauver des vies. L'universitaire Paolo Morozzo Della Roca est spécialiste du droit des migrations et suit ce dossier à Sant'Egidio. « Nous avons commencé à réagir à ce désastre humanitaire avec tous les morts dans la mer Méditerranée, dit-il. Nous devons réagir à cette hécatombe. Cette initiative montre que la société civile peut organiser un bon accueil et un bon accueil va au-delà de la peur. »

Depuis un an, près de 700 personnes ont pu venir en Italie saines et sauves, grâce à ces couloirs. Sant'Egidio a su convaincre les ministères italiens des Affaires étrangères et de l'Intérieur en misant sur leur intégration. C'est grâce à ces partenaires locaux au Liban que ces réfugiés, souvent des familles, sont choisis. Sant'Egidio, comme les autres associations partenaires, n'a jamais caché que ces premiers couloirs organisés en Italie étaient une proposition pour l'Europe. Les prochains réfugiés sont, eux, attendus à Rome au début du mois d'avril.

Il y a 11 mois, François avait promu, à sa manière, de tels dispositifs. Après sa visite dans le camp de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, il avait embarqué, à bord l’avion papal, trois familles de Syriens musulmans. A son retour au Vatican, le 16 avril, il s’était officiellement engagé à couvrir les frais d’accueil et d’intégration de ces 12 personnes. Une opération réussie, menée en étroite collaboration avec Sant'Egidio. Cette communauté à déjà sa propre école de langue italienne à Rome. Notre correspondante sur place, Anne Le Nir, s'y est rendue.

Là-bas, explique-t-elle, Nour, 32 ans, son mari Hassan, 33 ans, et leur fils Riad, qui vient d’avoir 3 ans, tous contraints de fuir Damas et Daech, font partie d'un groupe qui a obtenu le statut de réfugié politique en Italie, et un visa renouvelable d’une durée de cinq ans. Nour, qui est d'origine palestinienne, raconte ce qui a changé en moins d’un an dans leur vie : « Le jour de notre arrivée on a commencé à apprendre l’italien. La langue est la première clé pour casser la peur de l’autre », confie-t-elle, alors que toute la famille parle désormais presque couramment l’italien.

Le petit Riad va à la crèche. Quant à Hassan, architecte-paysagiste, il n’a pas encore trouvé d’emploi dans son secteur. Mais Nour, spécialisée en microbiologie, vient d’être recrutée par un hôpital. Au moment d'en parler, son regard traduit combien se sentir utile pour la société est important pour elle : « J’ai commencé à travailler dans un laboratoire de recherche, dans le domaine de la fibrose cystique, qui est une maladie génétique. Un travail très utile ! »

Cette Syrienne se réjouit surtout d’avoir retrouvé une vie normale : « On a notre maison toute seule maintenant, c’est un appartement au centre de Rome. C’est tout payé par le Vatican. » « Ce qui me réconforte le plus, conclut Nour, c'est la paix pour mon enfant. » Le couple mesure bien toute sa chance, espérant pouvoir à son tour, et dès que possible, aider concrètement d’autres réfugiés à reconstruire leur vie.

→ (Ré) écouter : Mise en place de couloirs humanitaires aériens pour les réfugiés (Reportage international)

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