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À la Une: nouvelle attaque meurtrière au Sahel

Par Frédéric Couteau

Cette fois, c’est en territoire nigérien que les terroristes ont frappé. Le camp militaire d’Inates, dans l’ouest du pays, non loin de la frontière avec le Mali, a été attaqué avant-hier. Bilan : 71 morts, des disparus et un nombre important de terroristes neutralisés.

Le ministère nigérien de la Défense, rapporte Le Monde Afrique, « estime les assaillants à "plusieurs centaines" et parle de "combats d’une rare violence". Un précédent bilan de source sécuritaire faisait état de "plus de 60 morts". Ce bilan est le plus lourd subi par l’armée nigérienne depuis le début des attaques djihadistes dans le pays, en 2015. »

« Suite à ce drame, précise pour sa part Le Sahel à Niamey, le président de la République et chef suprême des armées, Mahamadou Issoufou a interrompu sa participation à la Conférence sur la paix durable, la sécurité et le développement en Afrique, dont les travaux se tiennent à Assouan en Égypte. Le chef de l’État a ainsi quitté la ville d’Assouan hier dans l’après-midi pour regagner Niamey. »

« Autre conséquence, souligne Le Monde Afrique, le président Emmanuel Macron a décidé, en accord avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou, de reporter à début 2020 le sommet avec les dirigeants des cinq pays du Sahel prévu le 16 décembre à Pau. Ce sommet devait être consacré à l’opération Barkhane et à la force conjointe du G5 Sahel. »

Agir ensemble !

Le Pays à Ouagadougou apporte quelques précisions sur cette attaque meurtrière : « les terroristes auraient pilonné le camp à l’aide d’obus et de mortiers. Les explosions de munitions et de carburant seraient à l’origine de ce lourd bilan [...]. »

En tout cas, poursuit le quotidien ouagalais, « si ceux que l’on appelle à tort "les fous d’Allah" voulaient prouver à l’opinion qu’ils disposent toujours d’une forte capacité de nuisance, ils ne s’y seraient pas pris autrement. C’est la preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que ces gens-là qui disent agir au nom de l’Islam, ne sont rien moins que des bandits et des hors-la-loi qui ont fait le choix de se mettre au ban de la société. [...] Ceux-là qui sèment la mort et la désolation sur leur passage sont des terroristes et méritent d’être traités comme tels ; d’où l’impérieuse nécessité, estime encore Le Pays, de rendre opérationnelle la Force conjointe du G5 Sahel qui, depuis des années, fait tant parler d’elle mais dont les actions sont très peu visibles sur le terrain. Or, pendant que l’on passe le temps à tergiverser, les terroristes, eux, continuent de massacrer en rond. [...] Si ce n’est pas le Mali qui est attaqué, c’est le Burkina ou le Niger. Il est temps d’œuvrer à mettre fin à la comptabilité macabre tenue dans ces trois pays. »

Pour le quotidien Aujourd’hui, toujours au Burkina, « cette tuerie d’Inates repose la lancinante problématique de la coopération militaire entre la France et le Sahel. C’est encore un acte qui enjoint l’ex-métropole et les pays concernés à effectivement revoir les modalités du déploiement de l’opération Barkhane. Si la polémique sur la manière de tenir la rencontre de Pau, jugée cavalière et irrévérencieuse, si cette polémique s’est quelque peu tassée, il n’en demeure pas moins que cette rencontre (reportée à début janvier) pourrait marquer un tournant décisif dans cette coopération militaire France-Sahel. »

Algérie : une élection sans électeurs…

Un « jour décisif et historique », s’exclame Le Matin d’Algérie. Car « aujourd’hui, l’État est contre la Nation, affirme le journal. C’est pourquoi elle est fragmentée. Le coupable, ce n’est pas le peuple. Celui-ci démontre depuis dix mois qu’il est capable de cohésion, de fraternité, d’unité dans la diversité, de projection sur l’avenir. Le verrou c’est l’État militarisé. »

Alors, ce jeudi, deux options pour les électeurs, estime Le Matin : « ou c’est la reconduction du système et l’écroulement est absolument inévitable. Ou c’est la rupture radicale avec ce système et la renaissance est possible ! »

Quelle forme de contestation en ce jour de vote ? L’abstention… « L’abstention sera sans aucun doute massive, mais, s’interroge le site ObservAlgérie, la présidentielle peut-elle être annulée pour cause d’abstention ? » Réponse du site : rien dans les textes officiels ne permet de l’affirmer. De toute manière, poursuit le site, « le taux d’abstention ne sera jamais divulgué », puisque le taux de participation n’est jamais annoncé avec précision par les autorités.

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