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À la Une: le lourd tribut de l’armée française au Mali

Par Frédéric Couteau

« L’armée française est en deuil, pointe Le Monde Afrique, à la suite du très grave accident d’hélicoptères qui a eu lieu lundi soir au Mali et qui a tué 13 militaires de la force Barkhane. Il s’agit de l’événement le plus meurtrier pour la mission française au Sahel depuis son déploiement au Mali en 2013, puis dans l’ensemble de la région en 2014 avec 4 500 hommes. »

Parmi les nombreux messages de condoléances, à retenir celui du président malien IBK, cité notamment par le site Mali Actu. En voici un extrait : « ces soldats "sont morts pour la France". J’ajouterai qu’ils sont morts pour le Mali, qu’ils sont morts pour le Sahel, qu’ils sont morts pour la Liberté, qu’ils sont morts pour l’Homme », a déclaré le président malien qui poursuit ainsi : « en dépit des impatiences observées, des frustrations çà et là exprimées, qu’elles soient sincères ou feintes, les peuples sahéliens ne retiendront [...] que la solidarité dont elles bénéficient aujourd’hui, de la part des forces françaises en particulier et internationales en général. »

La Franc bouc-émissaire

Il est vrai qu’une partie de l’opinion au Mali et au-delà est de plus en critique sur la présence militaire française… Et ce débat est relayé par la presse malienne. Avec parfois de graves accusations, comme celles lancées encore hier par Le Malijet, qui fait état de témoignages certifiant de soi-disantes complicités entre l’armée française et les terroristes…

Commentaire de L’Essor, autre quotidien malien : « le concert des critiques vis-à-vis des étrangers s’explique par la persistance des tueries et l’absence de perspectives réjouissantes. Ce qui plonge le pays tout entier dans la tourmente. En de pareils cas, l’étranger prend très vite l’identité du bouc émissaire. Il serait bon, poursuit L’Essor, que notre orgueil nous conduise à nous regarder dans le miroir et à nous interroger sur notre propre rôle dans le pourrissement de la situation dans notre pays. »

La France en première ligne

« Sans faire dans le cynisme, enchaîne Le Pays au Burkina, on peut dire qu’il s’agit là d’un drame qui tombe à pic et dont les autorités françaises pourront toujours se servir pour rabattre le caquet à leurs contempteurs de tout poil qui les accusent de tous les péchés… du Sahel. C’est peut-être aussi le moment d’appeler certains panafricanistes ou souverainistes revendiqués à la modération. Car [...] il y a lieu de reconnaître que la France, plus que toute autre puissance étrangère, est fortement impliquée dans la lutte contre le terrorisme en Afrique et plus singulièrement au Sahel. »

Aujourd’hui, toujours au Burkina, renchérit : « dans cette grisaille de l’harmattan sahélien où le ressentiment anti-français est réel, exacerbé, il est vrai par la surenchère politique, c’est le lieu de dire que, quoiqu’il y ait parfois des motifs explicatifs à ce ressentiment, ces 13 soldats tués dans le Liptako-Gourma sont la preuve qu’ils ont consenti le sacrifice suprême pour le Sahel, pour l’Afrique, pour faire reculer ceux qui veulent obscurcir le continent par des tueries. [...] C’est le Sahel qui a fait appel à Barkhane, rappelle Aujourd’hui, et pour imparfaite qu’elle soit, Barkhane ne doit pas servir d’exutoire à des politiciens et dirigeants incapables de concevoir et mettre en pratique des plans de guerre idoines et qui se défaussent sur l’instrumentalisation de populations. Ces 13 soldats morts sont la preuve, conclut le quotidien burkinabé, que c’est dans la synergie d’action qu’on viendra à bout de ces terroristes [...]. Le reste des débats ne mènera nulle part. »

Questionnement…

En tout cas, en France, certains, au sein de la gauche notamment,  commencent à s’interroger sur la présence militaire tricolore au Sahel…

En effet, relève Le Point Afrique, « la mort des treize militaires français suscite déjà un légitime questionnement, qui pourrait être semblable à l’effroi qu’avait provoqué en 2018 celle des dix soldats français, et des vingt et un blessés, tombés dans une embuscade à Uzbin, en Afghanistan. Une tragédie qui avait marqué le tournant de l’engagement français dans ce pays, qui allait se terminer par un retrait ordonné fermement par Nicolas Sarkozy, alors président. »

Et la question est clairement posée ce matin dans la presse française, notamment par La Provence : « faut-il rester au Mali ? »

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