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À la Une: le Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique

Par Frédéric Couteau

« "Notre relation est singulière" : ainsi s’exprimait, à propos du Sénégal, le premier ministre français Edouard Philippe dans une interview publiée vendredi par le quotidien sénégalais Le Soleil, rapporte Le Monde Afrique. Le format de la visite d’Edouard Philippe entamée depuis hier à Dakar, à l’invitation du président Macky Sall, ne saurait lui donner tort. Pour ce déplacement de quarante-huit heures, précise le journal, sont associés pas moins de six membres du gouvernement français – dont le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et la ministre des armées, Florence Parly – ainsi qu’une délégation d’une trentaine de personnes comprenant des parlementaires, des chefs d’entreprise et des institutionnels. Cette "relation singulière" s’éprouve d’abord dans un contexte sécuritaire chargé pour la région, pointe Le Monde Afrique, alors que la menace terroriste partie du Mali grandit, a atteint le Burkina Faso et descend vers le sud, notamment vers les Etats côtiers qui bordent le golfe de Guinée (Togo, Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana). Le sujet sera au centre de la visite d’Edouard Philippe qui doit ouvrir, ce lundi, le Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. »

L’exemple sénégalais

« La tombe du terrorisme sera-t-elle creusée à Dakar ? », s’interroge Le Pays au Burkina. « En attendant de voir ce dont ce forum va accoucher de concret et d’inédit par rapport aux précédents sur la question, on peut déjà se réjouir de trois choses, relève le quotidien burkinabé. La première se rapporte au pays hôte. Le Sénégal a su développer une politique préventive qui porte aujourd’hui des fruits. En effet, depuis que presque toute l’Afrique de l’Ouest est dans la tourmente terroriste, le pays de Senghor a intelligemment actionné, peut-on dire, les leviers locaux pour se mettre à l’abri du péril. Il a su notamment reposer sa méthode de prévention sur la déconstruction du discours terroriste via les puissantes confréries musulmanes du pays. [...] À cela, on peut ajouter l’efficacité des services de renseignement du pays en particulier et le professionnalisme dont fait preuve l’armée sénégalaise en général. [...] La troisième et dernière chose de ce forum dont on peut se réjouir, pointe encore Le Pays, est le fait d’avoir associé les organisations de la société civile à la réflexion, pour faire de l’Afrique un continent où règnent la paix et la sécurité. On le sait, les stratégies de guerre apprises dans les grandes écoles européennes ont suffisamment apporté la preuve de leur inefficacité face au péril terroriste. De ce point de vue, des stratégies endogènes peuvent être expérimentées et les organisations de la société civile sont indiquées pour réfléchir sur des stratégies alternatives. »

Un sabre lourd de symboles…

Voilà pour ce Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique qui s’ouvre ce lundi… Mais ce qui fait la Une de la presse sénégalaise ce matin, c’est la restitution par la France à l’Etat sénégalais du sabre de Cheikh Oumar Foutiyou Tall.

En effet, s’exclame le quotidien Enquête, « Le sabre d’El Hadj Oumar Tall, figure tutélaire d’un islam confrérique, résistant à la colonisation française, et intellectuel musulman, a été "restitué" au Sénégal. » Entre guillemets parce qu’il ne s’agit pas d’une restitution à proprement parler mais d’un prêt de 5 ans à l’État sénégalais, en attendant le vote d’une loi en France permettant le retour officiel sur le continent de certains objets d’art ou d’histoire.

En tout cas, rapporte encore Enquête, le Premier ministre français a été très clair hier : « Ce sabre, a-t-il dit, c’est celui du fondateur d’un empire toucouleur qui comprenait la Guinée, le Mali et le Sénégal [...]. Sa place est bel et bien ici au cœur de l’ancien empire toucouleur. »

Le site Senego pour sa part lance un pavé dans la mare… Senego qui affirme qu’en fait ce sabre n’est pas celui de Cheikh Oumar Foutiyou Tall mais celui de son fils Ahmadou, pris par les troupes coloniales françaises en 1889, bien après la mort de l’intéressé en 1864. « On a l’impression aujourd’hui que les français ont vaincu Cheikh Omar Foutiyou et ont pris son sabre. Ce qui est totalement faux !, s’exclame Senego [...] Le vrai sabre de Cheikh Omar fait près de 1 m 30. Il se trouve actuellement à Bandiagara chez la famille Tall. »

Toujours est-il que le symbole est bien réel. Désormais, souligne Le Soleil, « le sabre d’El Hadj Oumar Tall fait partie des objets du musée des Civilisations noires de Dakar. »

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