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Guinée-Bissau: «les décrets du président sont illégaux» selon Aristides Gomes

Par Carine Frenk

Le président José Mario Vaz a nommé un nouveau Premier ministre, Faustino Imbali, pour former un nouveau gouvernement. Mardi, Artistides Gomes a reçu le soutien de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui menace de sanctions tous ceux qui entraveraient le processus électoral en vue de la présidentielle du 24 novembre. Aristides Gomes répond aux questions de RFI.

RFI: Vous venez d’être limogé par le chef de l’État. Votre successeur est désigné. Mais vous rejetez cette décision. Pourquoi ?

Aristide Gomes : Parce que les décrets du président sont illégaux. Lui n’est pas suffisamment légitime pour faire des décrets. Son mandat est terminé depuis le mois de juin dernier. Il est resté sur place grâce à un arrangement qui a été trouvé par les chefs d’États de la sous-région, donc la Cédéao, pour qu’il reste en place, mais avec des pouvoirs assez symboliques. C’est pour éviter une certaine vacance du pouvoir à Bissau, à condition qu’il ne se mêle pas des affaires du gouvernement. Donc, ce sont des décrets qui sont nuls et non avenus.

Vous sortez d’un Conseil des ministres comme si de rien n’était ?

Effectivement. On va continuer à gouverner. Espérons que les militaires vont rester à leur place, qu’ils ne vont pas faire irruption dans la scène politique.

Vous avez des craintes ?

Oui, il y a toujours cette possibilité que les militaires interviennent, qu’ils soient instrumentalisés. Mais nous demeurons confiants parce que les militaires, depuis le coup d’État de 2012, se comportent assez correctement. Et on espère que cela ne va pas changer.

Comment expliquez-vous cette décision du président José Mario Vaz ?

C’est inexplicable le fait qu’on voit qu’il essaie, en tant que candidat, d’avoir un gouvernement qu’il puisse instrumentaliser dans la tentative de gagner l'élection présidentielle, puisqu'il est candidat. En tout cas, c’est une folie pour défendre ses intérêts personnels.

Il fait le constat d’une grave crise politique qui empêche le fonctionnement normal des institutions de la République. Qu’avez-vous à redire ?
C’est ridicule. C’est ridicule qu’une crise s’installe dans un pays alors qu’il y a un fonctionnement régulier des institutions, c’est-à-dire du gouvernement, de l’Assemblée nationale, qui sont des institutions les plus légitimes à l’heure actuelle, en tout cas plus légitimes que lui.

Y a-t-il un lien avec les deux dernières saisies de drogue, des saisies très importantes ?
Il y a des liens très forts. Par exemple, lors de la saisie des 800 kilos, le président est intervenu auprès de la police judiciaire pour réclamer le camion où se trouvait la drogue qui était mélangée à du poisson.

Donc, vous mettez en cause le président, le chef de l’État dans cette affaire ?

Je n’ai pas à mettre en cause le président ou ne pas le mettre en cause, je cite simplement le rapport. Il y a ce fait-là. Peut-être qu’il est innocent, mais c’est à lui d’expliquer pourquoi il s’est mêlé à cette affaire, pourquoi il a appelé et a envoyé le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, avec des policiers, pour récupérer ce camion. Pourquoi le fait que cette saisie ait déclenchée la rage chez le président et ses amis de l’opposition ? Normalement, cela devrait être un dossier uniquement de la police judiciaire, du parquet et de la justice.

Le climat est en tout cas délétère. Vous-même, vous aviez dénoncé un projet de coup d’État. Est-ce que la présidentielle du 24 novembre pourra se tenir dans ces conditions ?

Si, elle pourra se tenir. A moins qu’il y ait des blocages de la part du président, comme le fait de destituer un gouvernement à cinq jours du début de la campagne électorale, ça impacte de façon négative le chronogramme qui est déjà établi pour la réalisation des élections le 24 novembre. Si tel était le cas, à quoi on allait aboutir ? On allait aboutir à nouveau à une transition qui n’en finit jamais. Donc, à mon avis, c’est délibéré.

La stabilité de la Guinée-Bissau est en jeu en ce moment. Ne mérite-t-elle pas, cette stabilité, un report des élections ou bien est-ce le contraire ?

C’est le contraire. Plus on reporte les élections, plus on perd du temps par rapport aux réformes qu’il faut faire, par rapport à l’installation des institutions démocratiques issues des élections. Si vous ne faites pas d’élections, vous resterez toujours dans le provisoire. Nous avons fait des transitions depuis le premier coup d’État en 1980. On a eu des transitions sur des transitions. À chaque fois, on fait des transitions de quelques années et on fait des élections. Après les élections qui se passent normalement bien, on revient à la case départ et on fait encore une transition. La gestion normale est devenue l'exception. Et là, on vient d’élections législatives après cinq ans de crise, avant même de compléter le cycle avec les élections présidentielles, on serait amené encore à faire une transition, de combien de temps ? Un an, deux ans ? Il faut faire rapidement des élections, réinstaller un nouveau président pour que l’on puisse tourner la page de l’instabilité définitivement. 

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