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Allemagne: la propagande turque jusque dans les cours de langue

Par Nathalie Versieux

Ce sont 33 000 élèves d'origine turque qui sont inscrits dans les écoles à Berlin. Dans un pays où l'éducation relève de la compétence des « Länder », les autorités berlinoises s'interrogent sur la place que doit occuper la langue turque dans les écoles.

Le problème, c'est le très faible nombre d'enseignants qualifiés, capables d'enseigner le turc comme langue maternelle dans les écoles de Berlin. En Allemagne, seules les universités de Duisbourg et de Essen, à l'ouest du pays, forment des professeurs de langue turque. Or, 33 000 élèves d'origine turque fréquentent les écoles du primaire et du secondaire dans la capitale. Ils sont souvent issus de familles à faible niveau scolaire. Les parents ne se sentent souvent pas compétents pour apprendre à leurs enfants à lire et à écrire dans leur langue maternelle.

Pour autant, il est pour eux très importants que leurs enfants conservent le lien linguistique avec leur pays d'origine, même pour les enfants de la troisième ou quatrième génération. Faute d'enseignement adapté proposé par l'éducation nationale dans les écoles, les familles se tournent vers le consulat de Turquie en Allemagne.

La Turquie, en charge l'enseignement du turc

C'est ce qui pose de plus en plus problème aux autorités berlinoises. Mais on retrouve le même problème dans toute l'Allemagne. Il suffit aux parents d'appeler le consulat le plus proche de leur domicile pour qu'ils reçoivent une liste d'adresses dispensant des cours de turc aux enfants. Et, surprise, pour la presse allemande qui s'est livrée à ce test : les cours de turc offerts par le consulat, dispensés par des enseignants envoyés par Ankara en Allemagne, ont lieu de plus en plus fréquemment dans des mosquées, y compris des mosquées connues pour leur endoctrinement islamiste.

Bien souvent, les cours sont placés de telle façon juste avant ou juste après les cours de religion pour permettre aux enfants de suivre les deux cours. Les syndicats d'enseignants et les politiciens allemands sont convaincus que la Turquie essaie ainsi d'accroitre son emprise sur la communauté turque allemande. La stratégie est payante. Aux dernières élections turques, les Turcs d'Allemagne ont massivement voté pour l'AKP, le parti du président turc contesté Erdogan.

La réaction des autorités attendue

La ministre berlinoise de l'Éducation, sous pression, est décidée à prendre les devants. Lors de la prochaine réunion des ministres de l'Éducation des Länder allemands, à l'automne, elle va annoncer la création d'un cursus dans les universités de Berlin, afin de former des enseignants laïcs de langue turque. L'idée est d'augmenter le nombre des établissements qui offrent le turc comme seconde langue à côté de l'anglais et de l'allemand. La demande est grande du côté des familles. Et Berlin souhaite étendre le concept au kurde et à l'arabe, les deux langues les plus parlées après le turc par les personnes d'origine étrangère vivant à Berlin.

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