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Ukraine: treize heures devant la presse pour le président Zelensky!

Par Stéphane Siohan

Le 10 octobre, à Kiev, le président ukrainien, Zelensky, a donné une conférence de presse de plus de treize heures. Depuis plusieurs jours, il fait face aux révélations sur ses discussions téléphoniques avec Trump et subit la pression de ses alliés européens pour régler le conflit du Donbass.

Depuis son élection, Volodymyr Zelensky n’avait jamais donné de conférence de presse. Et pour cause, il a bâti son ascension sur la télévision et les réseaux sociaux, c’est un politicien encore inexpérimenté, qui se méfie des journalistes et qui panique parfois quand il s’agit de répondre à des questions difficiles.

Par conséquent, au lieu de répondre aux nombreuses sollicitations d’interviews, il a décidé de réunir en une seule fois toute la presse, aussi bien ukrainienne qu’internationale. On a ainsi pu assister à quelque chose de jamais vu dans la communication politique mondiale : des centaines de journalistes parqués dans un hangar de street-food hipster pour une conférence de presse, et dès 10h du matin, Zelensky attablé, qui reçoit les journalistes sept par sept, une ou deux questions pour chacun, une demi heure maximum. De cette façon, Zelensky qui a peur des médias a pu neutraliser le journalisme traditionnel, et se débarrasser de la forme classique des interviews individuelles.

Que peut-on retenir des déclarations du président ?

Les officiels ukrainiens étaient restés discrets depuis qu’a éclaté l’affaire des discussions téléphoniques avec Trump, il y a deux semaines, portant sur des soupçons de chantage du président américain envers son homologue ukrainien. Hier, presque la moitié des questions ont porté sur ce thème, mais Volodymyr Zelensky est resté très prudent et n’a quasiment apporté aucune information. Il a une nouvelle fois réfuté toute pression de la part de Donald Trump, une façon de ménager la partie américaine, mais il a aussi tenu à rappeler que l’Ukraine était un pays indépendant, sans intention de s’immiscer dans les élections à Washington.

Dans cette affaire, les accusations portent sur la Maison Blanche mais le président ukrainien paraissait mal à l’aise, comme s’il était parfaitement conscient que les agissement du clan Trump avaient mis son pays dans une situation très inconfortable.

Aux questions concernantle fils de Joe Biden, Zelensky a souvent botté en touche, demandant simplement à la justice de faire son travail s’il y avait eu des malversations.

Qu’en est-il du dossier de la guerre du Donbass ?

La dynamique diplomatique en cours vise à trouver une porte de sortie à la guerre du Donbass, alors qu’il y a quelques jours, Volodymyr Zelensky a accepté de souscrire à la «Formule Steinmeier»: un scénario franco-allemand de sortie de crise, que beaucoup d’Ukrainiens voient comme une capitulation vis-à-vis de la Russie.

Lors de cette conférence de presse, Zelensky s’est différencié de son prédécesseur, notamment en mettant l’accent sur les questions humanitaires dans ce conflit meurtrier, il a par ailleurs réaffirmé qu’il était prêt à rencontrer son homologue russe, à Paris, avec Emmanuel Macron et Angela Merkel, mais qu’il ne braderait pas les intérêts de son pays.

Pour terminer il faut souligner que Volodymyr Zelensky a parlé plus de treize heures, le ballet des questions ne s’est terminé qu’à minuit, avec un Zelensky au bord de l’épuisement. Cette façon faussement moderne, de faire de la politique, en parlant à tout le monde mais en jouant les nombreux poissons, a heurté plusieurs journalistes, dont certains se sont sentis prisonniers d’une grande manipulation de communication.

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