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Afrique: l'UE doit aider les ONG dans la protection forestière

Par Olivier Rogez

L’Union européenne doit soutenir les ONG forestières des pays du bassin du Congo, si elle veut lutter efficacement contre la déforestation et le commerce illégal de bois. C’est le message qu’ont tenu à faire passer à Bruxelles un certain nombre de ces ONG, camerounaises, congolaises ou centrafricaines réunies par l’organisation FERN, l’une des sentinelles de la lutte contre la déforestation.

Deux millions de kilomètres carrés, répartis sur six pays, la forêt du bassin du Congo est la plus vaste d’Afrique. Les dangers qui la menacent sont nombreux, et pour lutter contre les abus, les ONG locales sont d’indispensables sentinelles, estime Marie Ange Kalenga de l’ONG européenne Fern.
« Ces organisations sont sur le terrain et disposent d’informations de première main sur le pays. Donc il est très important d’être en relation avec elles, car elles ne mentiront jamais sur ce qui se passe sur le terrain. »

Mais ces ONG rencontrent de nombreuses difficultés, parmi celles-ci la méfiance récurrente des autorités. C’est le cas en République du Congo, selon l’un des activistes de la société civile les plus réputés, Christian Mounzeo.
«Notre action est tolérée, mais elle n’est pas acceptée. Nous avons besoin d’une loi pour protéger les lanceurs d’alerte, les dénonciateurs de violations des droits de l’homme. Et qu’une fois pour toutes le gouvernement nous considère comme des acteurs à part entière du développement, plutôt que comme des empêcheurs de tourner en rond.  »

Souvent les ONG ne sont pas mandatées par l’État et travaillent de façon indépendante, ce qui limite leur accès aux informations. Ainsi, au Cameroun, Achille Tueté du Centre pour l’environnement et le développement, mène des actions dans les concessions forestières. Mais ensuite :
« Il est difficile pour nous de savoir si notre action dans une forêt donnée a abouti à une sanction des fauteurs, ou à une prise en compte de ce que nous avons dénoncé, car nous n’avons pas de retour de la part de l’administration. Et très souvent l’argument qui est brandi, c’est que cela relève du pouvoir régalien de l’État. »

En RDC, Essylot Lubala travaille pour l’observatoire pour la gouvernance forestière. Lui a la chance d’être mandaté par l’état. Mais la difficulté, c’est l’immensité du pays et le manque d’acteurs de terrain.
« D’où l’idée de mettre en place un réseau national des observateurs indépendants. Il comprend une vingtaine d’organisations éparpillées à travers le pays. Il rapporte les informations constatées sur le terrain et à notre niveau, il suffit de demander l’ordre de mission aux autorités de tutelle et d’aller vérifier ensuite les informations sur le terrain.  »

Renforcer l’action de ces ONG est pour beaucoup la solution la plus efficace pour lutter contre l’exploitation illégale du bois. Reste à en convaincre les bailleurs de fonds européens, qui malheureusement diminuent leur aide à ces ONG, se plaignent leurs partenaires du nord.

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