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Russie: une journaliste radio risque sept ans de prison

Par Daniel Vallot

Sept ans de prison pour une chronique radio : c’est ce que risque une journaliste russe, accusée de « justification du terrorisme ». Svetlana Prokopieva affirme pourtant n’avoir fait que son travail de journaliste.

L’affaire suscite un émoi grandissant en Russie et a été dénoncée par plusieurs associations de défense des journalistes. Accusée d’avoir « justifié le terrorisme  » dans une chronique diffusée en novembre 2018, la journaliste Svetlana Prokopieva encourt jusqu’à sept années de prison.

C’est une chronique radio diffusée il y a près d’un an qui est à l’origine de toute l’affaire. Le 7 novembre 2018, Svetlana Prokopieva évoque un attentat à la bombe perpétré quelques jours auparavant dans la ville d’Arkhangelsk, devant le siège local du FSB, ex-KGB. Dans son texte, la journaliste s’interroge sur les motivations de l’auteur de l’attentat, un adolescent de 17 ans qui se réclame de la mouvance anarchiste. Citant le court message laissé par le jeune homme avec son passage à l’acte, elle avance comme élément d’explication possible la politique répressive exercée par les autorités russes à l’encontre de l’opposition. Svetlana Prokopieva cite notamment les interdictions de manifestation, et l’acharnement judiciaire contre les opposants. Pour elle, la restriction du champ d’expression politique en Russie pourrait expliquer le désespoir d’un adolescent, sa décision de se tuer et de viser les services de sécurité. La chronique est diffusée en direct par l’antenne de Pskov de la radio Échos de Moscou, et le texte est ensuite publié sur internet par un site d’information régional, le Pskovskaïa Lenta Novosteï.

Dans les semaines qui suivent la diffusion de la chronique, la radio Échos de Moscou et le site Pskovskaïa Lenta Novosteï  se voient infliger une amende de plusieurs dizaines de milliers de roubles, avec obligation de supprimer l’article. Puis les choses s’accélèrent, et le cauchemar commence pour la journaliste. En février 2019, une enquête est ouverte à son encontre pour « justification du terrorisme ». Perquisition à domicile, placement sous contrôle judiciaire, confiscation du passeport… En juillet, Svetlana Prokopieva est placée par les autorités sur une liste officielle de « terroristes et d’extrémistes », ce qui entraîne automatiquement un gel de ses comptes et de ses cartes bancaires. Enfin, le 20 septembre dernier, la journaliste est formellement inculpée. La peine encourue est lourde : jusqu’à sept années de prison.

« Justification du terrorisme »

Durant plusieurs mois, la situation de la journaliste ne rencontre que peu d’échos en Russie, malgré les communiqués alarmistes de plusieurs organisations de défense des journalistes, dont Reporters sans frontières. Le 1er octobre dernier, cependant, une vingtaine de journaux et de sites internet choisissent de publier une lettre ouverte signée de la journaliste. Dans ce texte, intitulé Sept ans pour deux pages, Svetlana Prokopieva assume entièrement sa chronique : « Je n’ai jamais justifié le terrorisme, j’ai simplement analysé les causes d’une attaque terroriste, et essayé de comprendre pourquoi un jeune homme qui avait la vie devant lui a décidé de se tuer dans un acte criminel. Je me suis peut-être trompée dans ma reconstruction de ses motivations, mais personne ne l’a encore prouvé. »

Pour la journaliste, l’affaire qui lui est intentée est comme un « coup de poing dans le visage de chacun des journalistes de ce pays … c’est le meurtre de la liberté d’expression. » Et de demander aux médias qui la soutiennent (ils seront une vingtaine à le faire) de publier, « s’ils n’ont pas peur de le faire », un extrait de la chronique incriminée. « Des années de limitation des libertés civiles et politiques ont créé un Etat non pas libre, mais répressif », peut-on lire dans cet extrait. « Un Etat avec lequel il est dangereux et effrayant d’avoir affaire » ajoute la chroniqueuse. Des mots prémonitoires pourrait-on dire puisqu'à présent c'est elle, Svetlana Prokopieva, qui est prise dans l'engrenage du système judicaire russe.

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