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Côte d’Ivoire: l'autosuffisance en riz sera difficile à atteindre en 2020

Par Stanislas Ndayishimiye

Lors du dernier remaniement en Côte d’Ivoire début septembre 2019, le secteur agricole et apparenté a hérité de trois portefeuilles : le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, celui des Ressources animales et halieutiques ainsi que le ministère de la Promotion de l’Agriculture, dont l’une des priorités est de parvenir à l’autosuffisance dans la production du riz ; une ambition affichée depuis 2012. Mais l’objectif initialement prévu à savoir l’autosuffisance rizicole en 2016 n’a pas été atteint. Il ne le sera pas non plus en 2020 !

Dès sa prise de fonction début septembre, le ministre ivoirien de la Promotion de l’Agriculture, Gaoussou Touré, a fixé les objectifs visés : atteindre l’autosuffisance en 2025 et faire de la Côte d’Ivoire un pays exportateur de riz en 2030. Yacouba Dembele, directeur général de l’Aderiz, l’Agence pour le développement de la filière riz.

« Au niveau des rendements, nous avons fait des efforts importants, mais ce n’est pas encore suffisant. Pour le riz pluvial, nous sommes passés de 800 kg à l’hectare à un rendement compris entre 1 200 et 1 500 kg à l’hectare aujourd’hui. Pour le riz irrigué, nous sommes passés de trois tonnes à l’hectare par cycle à 5,5 tonnes à l’hectare par cycle. Nous avons deux cycles. »

La consommation annuelle de riz en Côte d’Ivoire est aujourd’hui autour de 1 900 000 tonnes, pour une production locale de 1 300 000 tonnes. Mais le pays importe près de 1 500 000 tonnes. Autant dire que le chemin vers l’autosuffisance reste encore long, selon Thomas Tiacoh, président de l’Association des riziculteurs de Côte d’Ivoire.

« On peut être autosuffisant, mais les délais qu’on se fixe ne cadrent pas ! Il faut d’abord le b.a.-ba au niveau de l’organisation : qui produit quoi en matière de riz et où ? Quelles sont ses attentes, quelles sont ses contraintes, comment est-ce qu’on peut l’assister ? Si ce problème-là n’est pas réglé, que les unités de transformation de petite taille ne sont pas dans les bassins de production, que la subvention à la production n’est pas accordée et que le problème de la régulation de l’importation et de l’exportation n’est pas réglé, comment allez-vous atteindre l’autosuffisance ? »

Les producteurs s’adaptent rapidement à l’introduction des variétés de riz à haut rendement. Là où le bât blesse, c’est au niveau de la mécanisation, précise Yacouba Dembele.

« D’habitude quand on parle de mécanisation, on dit automatiquement qu’il faut donner des tracteurs, des motoculteurs, etc. aux producteurs. Mais ça ne dure pas ! On va donner un tracteur à un producteur, qui ne sait pas comment l’entretenir. Nous disons que l’essentiel pour le producteur, c’est que le labour soit fait, que la récolte soit faite. Donc, au lieu d’équiper le producteur, nous allons mettre en place des prestataires de service. »

L’atteinte de l’autosuffisance rizicole en Côte d’Ivoire reste tributaire de plusieurs facteurs : des investissements importants pour la maîtrise de l’eau, la création de petites et moyennes entreprises spécialisées dans l’emploi et surtout l’entretien du matériel agricole, qui signeraient ensuite des contrats avec les producteurs et les usines de décorticage de riz et il faudrait également limiter progressivement les importations.

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