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Maroc: l'engouement pour la filière bio pousse à l'investissement (2/2)

Par Théa Ollivier

Au Maroc, la filière du bio est en plein boom. La superficie des terres cultivées de façon écologique a augmenté de 4 000 hectares en 2010 à près de 10 000 hectares en 2018. Une économie à haut potentiel qui commence à intéresser banques et grands réseaux de distribution.

À la sortie d’une boutique bio d’un chic quartier casablancais, Stéphane rentre chez lui avec des sacs remplis de légumes entre les mains. « Au goût, c’est meilleur et en plus, ça se conserve mieux. Et on mange sain ! », dit-il.

Comme lui, beaucoup de consommateurs marocains font de plus en plus attention à leur alimentation, suite à des problèmes de santé liés aux pesticides. Pour répondre à cette demande, l’offre s’adapte et les producteurs et les distributeurs bio se multiplient. Un constat qui réjouit Slim Kabbaj, président des magasins Green Village et Distribio.

« Depuis 3-4 ans, il y a un nouvel élan grâce à de nouvelles entreprises qui se lancent avec des innovations, avec des produits soit exotiques, soit à valeur ajoutée, assure-t-il. Sur 100 % de produits dans un magasin comme Green Village, nous avions il y a 9 ans largement moins de 1 % de produits marocains. Aujourd’hui, nous sommes à 30 %, en à peine 10 ans. Cette dynamique nouvelle crée de la valeur et crée des emplois dans une petite niche, mais qui est en train de s’accélérer. Donc je crois que c’est un marché à fort potentiel qui se transforme en marché réel. »

Objectif : 400 000 tonnes de bio produit au Maroc

Une convention a été signée entre deux banques marocaines et le club des Entrepreneurs BIO, dont est président Slim Kabbaj. Le but : faciliter l’investissement, notamment dans la transformation. « Mais où est la valeur ajoutée et là aussi il y a un vide sur lequel on travaille ? Nous voulons créer des unités de transformation, c’est ça la prochaine étape. »

Mais avant de transformer, il faut déjà cultiver des produits biologiques. Au total, 90 000 tonnes ont été produites en 2018, loin de l’objectif 2020 de 400 000 tonnes fixé par le plan gouvernemental Maroc Vert. La raison : le retard de l’application de la loi sur le bio, ainsi que des réglementations, certifications et subventions qui auraient dû suivre. Pour Cherif Guessous, de la Fédération Interprofessionnelle de la Filière Biologique, la Fimabio, la priorité est d’abord la démocratisation de la distribution.

« L’un des gros freins pour le développement du bio, c’est un réseau de distribution qui reste encore limité. C’est dans ce cadre que nous avons fait un partenariat avec un grande enseigne de distribution, Marjane Holding. Cela nous permet de communiquer sur le bio, ce qui permet aussi au producteur d’avoir des débouchés pour ses produits. »

Pour le moment, près de 18 % de la production est exportée.

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