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Municipales en Russie: pour l’opposition, tout sauf «Russie unie»

Par Etienne Bouche

Limiter la casse en empêchant des candidats encombrants de concourir aux élections municipales et régionales - qui se déroulent ce dimanche 8 septembre - telle était la volonté du pouvoir. Une stratégie qui a mis l’opposition dans la rue cet été. La campagne électorale a été particulièrement agitée à Moscou où des manifestations se sont tenues quasiment tous les week-ends depuis mi-juillet.

de notre correspondant à Moscou,

A vouloir baliser le terrain, le pouvoir semble avoir été pris à son propre piège. On peut même parler d’une erreur de stratégie car il a involontairement réveillé des humeurs protestataires qui rappellent, dans une certaine mesure, le mouvement de contestation qui avait précédé le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012.

Au départ, les manifestants exigeaient l’enregistrement des candidats écartés par la Commission électorale, mais avec le temps des revendications politiques plus générales se sont agrégées. La réaction brutale des forces de l’ordre à ces manifestations laisse penser que le pouvoir n’était pas préparé à cette contestation.

Il y a longtemps que la police russe n’avait pas procédé à des arrestations aussi massives. Certains participants ont même été condamnés à de lourdes peines de prison.

La stratégie de l'opposition

Les manifestations se sont succédé dans la capitale et pourtant, la Commission électorale a maintenu sa décision à l’égard de ces candidats issus de l’opposition dite « hors système ».

Dans ces conditions, les meneurs de l’opposition ont opté pour une autre stratégie. A défaut de participer, l'opposition a tenté de peser d’une autre manière en appelant les électeurs à voter contre le parti dominant, Russie Unie. Les partisans d’Alexeï Navalny incitent à « voter intelligent » en choisissant n’importe quel candidat en mesure de faire perdre Russie Unie. Afin de discréditer ces élections, l’opposition s’est employée à démasquer les candidats dissimulant leur affiliation à cette formation. Une étiquette devenue très difficile à assumer car il faut savoir que si les Russes éprouvent du dégoût pour la politique, le parti Russie Unie est particulièrement impopulaire, considéré comme la synthèse des maux de la société russe : corruption, népotisme et incurie.

Que peut-on attendre de ces élections ?

Selon la logique du pouvoir, elles devaient se dérouler comme d’ordinaire en Russie, c’est-à-dire dans l’indifférence et sans enjeux réels.

Mais la conjoncture sociale est telle que la partie va être difficile pour les candidats du pouvoir – l’opposition anticipe des trucages destinés à camoufler cette défiance de la population.

Mais cela ne veut pas dire pour autant que l’opposition serait capable, elle, de fédérer : le système est parvenu à détourner les Russes de la politique à tel point que ce mot, politique, suscite une méfiance viscérale.

La structuration de la vie politique en Russie ne permet aujourd’hui aucune alternative, mais cette campagne électorale a révélé une tendance de fond : en quelques années, Internet a véritablement pénétré la société russe qui a maintenant accès de multiples canaux d’informations. Les manœuvres politiciennes sont désormais largement relayées et cette nouvelle donne est un défi sérieux pour le pouvoir.

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