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Pourquoi Engie a voulu devenir un champion africain des kits d’énergie solaire?

Par Dominique Baillard

L’électricité solaire à la portée de tous les foyers africains grâce aux installations à domicile, c’est le pari des grandes sociétés de plus en plus présentes sur ce créneau. Parmi elles, le français Engie devenu hier le numéro un africain du secteur.

Grâce au rachat de la start-up allemande Mobisol, la pionnière du kit solaire en Afrique de l’est et une vraie vedette du marché. Cette nouvelle acquisition, après celle de l’américain Fenix permet à l’énergéticien de revendiquer ce titre de fournisseur numéro un d’installations électriques solaire hors réseau avec 750 000 solar home à son actif, réparti dans neuf pays, de la Côte d’Ivoire au Kenya en passant par le Nigeria, le Bénin ou le Rwanda.

Ce kit solaire, c’est une vraie solution d’avenir pour l’électrification du continent ?

Pour les 600 millions d’Africains habitant dans des zones reculées, où la construction d’un réseau classique sera compliqué et très coûteux, c’est une évidence. C’est aussi une aubaine pour les citadins raccordés au réseau conventionnel mais soumis à de fréquentes coupures de courant. D’après un fournisseur installé au Nigeria, avec le kit, la facture d’électricité de ses clients est quatre fois moins élevée que la facture de kérosène qu'ils devaient régler auparavant pour alimenter leur générateur. Plus qu'une lumière d'appoint pour la soirée, le kit solaire peut devenir un levier de croissance pour les nouveaux connectés.

Et pour les entreprises, le hors réseau est-il une activité rentable ?

Pas vraiment, ou plutôt pas encore. Engie a racheté Mobisol parce qu'elle était en faillite. Cette start-up berlinoise créée en 2011 a été une véritable star mondiale du solaire en kit. Malgré les 80 millions de dollars qu'elle a levés son aura a vite pâli car elle n'a pas réussi à trouver son modèle économique. Elle s’est heurtée à la dure loi du marché : une concurrence de plus en plus vive avec une douzaine de nouveaux venus proposant des kits moins chers. Car entre temps le prix des panneaux a fortement chuté. Et puis Mobisol n'a pas réussi à résoudre le casse-tête de tout concessionnaire: comment récupérer le matériel quand le client cesse de payer son abonnement ? Un vrai défi quand le client vit dans des zones difficiles d'accès.

Pourquoi cet engouement des grandes sociétés si le modèle n'est pas encore profitable ?

Les géants des télécoms ou de l'énergie sont fascinés par ce marché naissant parce qu'il associe énergie et télécom, la facture se règle par mobile. Lier l'accès internet à l’énergie ouvre la porte à bien d'autres services. Au printemps Isabelle Kocher, la directrice générale d'Engie a envoyé son comité exécutif en Zambie dans un village de brousse pour l'inauguration d'un mini réseau solaire, histoire de sensibiliser les hauts dirigeants aux enjeux stratégiques du hors réseau. Les concurrents ne sont pas en reste. L'opérateur télécom Orange et le géant français de l'électricité EDF se sont associés au britannique BBox pour développer les kits solaires en Afrique francophone et Total propose ses propres kits dans ses stations-services. Pour ne parler que des Français, car les grands groupes américains et japonais sont aussi très présents sur ce marché et n'oublions pas que les Chinois en sont les partenaires naturels: les installations sortent de leurs ateliers.

 

EN BREF

Christine Lagarde est entendue ce matin par la commission économique du Parlement européen. La directrice du FMI qui va prendre la présidence de la BCE sera sans doute interrogée sur ses convictions et son appréciation de la situation au moment où pointe le spectre de la récession. Elle sera peut-être interrogée également sur sa gestion de la crise argentine.

La Commission européenne va proposer ce matin une aide financière aux victimes potentielles du Brexit. Cette aide est destinée aux entreprises, aux salariés et aux agriculteurs de l'Union européenne qui souffriraient des retombées d'une sortie chaotique de la Grande-Bretagne. L'argent sera puisé dans le Fonds de solidarité européen, habituellement utilisé en cas de catastrophes naturelles.

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