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L’Argentine au bord du défaut de paiement: à qui la faute?

Par Dominique Baillard

Le contrôle des changes à nouveau en vigueur ce matin en Argentine. L'État est au bord d'un énième défaut de paiement. Comment en est-on arrivé là alors que le pays est sous la perfusion du FMI depuis un an. À qui la faute ?

Pour le péroniste Alberto Fernandez, le nouvel homme du pays, favori de la présidentielle du 27 octobre prochain, le principal responsable est naturellement son adversaire, Mauricio Macri, le président en exercice. Et son complice, selon la famille péroniste, c’est le mal aimé des Argentins: le Fonds monétaire international. Le Fonds qu'il accuse d'avoir aggravé la situation en facilitant la fuite des capitaux. Le Fonds et sa directrice, en partance pour la Banque centrale européenne (BCE). Christine Lagarde sera auditionnée ce mercredi par le Parlement de Strasbourg.

Le procès fait à Mauricio Macri est-il justifié ?

C’est plutôt Alberto Fernandez le premier suspect de la crise actuelle. C'est sa nette victoire à l’élection primaire du 3 août qui a déclenché une panique boursière, les investisseurs redoutent le retour des populistes, ils ont donc massivement fui le marché argentin, faisant durement chuter le peso. Sur le fond du problème, Mauricio Macri est évidemment responsable puisqu’il est au pouvoir depuis quatre ans. Les Argentins l'ont élu pour en finir avec les recettes artificielles de Cristina Kirchner. Premier péché de ce néo libéral : il tergiverse avant de mettre en oeuvre l’orthodoxie promise pour rétablir les comptes publics. En clair, l'État argentin continue à vivre au-dessus de ses moyens en empruntant à l'extérieur, en dollars, un vrai poison pour la monnaie du pays. Au lieu de sauver l'économie, il la replonge dans une crise sévère : l’inflation dépasse maintenant les 55%, le chômage est à deux chiffres et le peso ne vaut plus rien.

En quoi Christine Lagarde est-elle comptable du défaut qui se profile ?

L’Argentine a déjà été huit fois en défaut de paiement. Le fonds est venu 21 fois à sa rescousse, la dernière fois c'était en 2001 et cela a abouti au plus gros défaut de l'histoire moderne, au chaos économique, et politique. Cette histoire a de quoi rendre le FMI plus que méfiant. Mais Mauricio Macri est un ami de Donald Trump, et les États-Unis un acteur de poids au sein du FMI, une configuration qui va accélérer le déblocage d'un plan faramineux de 50 milliards de dollars en juin 2018, quand le peso subit de nouvelles attaques. Le plan sera porté à 57 milliards en septembre. Ce sera la dernière grande décision prise sous la houlette de Christine Lagarde. Vu l'échec de ce plan, il y a de quoi réactiver les critiques sur le manque de qualification macro-économique de la future gardienne de l'euro. A-t-elle été trop légère dans son appréciation du risque argentin ? Elle-même balaie les critiques : c’était, en gros, où le plan du FMI, ou la débâcle.

Et maintenant, que va faire le Fonds ?

Le FMI consulte, réfléchit. Il n'a pas encore annoncé s'il allait ou non décaisser les 5 milliards de dollars promis à l'Argentine avant la fin septembre dans le cadre du plan. Une décision difficile à prendre dans la situation actuelle : la présidentielle aura lieu en octobre et la prise de fonction en décembre seulement, il y a donc un vide politique et de gros doutes sur l'attitude du futur président, cet opposant déclaré au FMI est-il prêt à négocier ? Et puis il y a aussi une forme de vacances à la tête du FMI. Kristalina Georgieva la candidate des Européens pour succéder à Christine Lagarde n'a toujours pas été intronisée.

 

EN BREF

L'étonnante reprise de l'activité industrielle en Chine. L'indice des directeurs d'achat, le baromètre de l'activité manufacturière est remonté à 50,4 au mois d'août; au-delà du seuil des 50, l'activité est en expansion, un niveau perdu depuis le mois de mars. Loin de s'affaiblir, la guerre commerciale sino-méricaine s'est envenimée avec l'entrée en vigueur de nouveaux droits de douane sur les importations mutuelles.

Le retour des avions 737 Max s'éloigne à nouveau pour Boeing. D'après le Wall Street Journal, les régulateurs de multiples pays, dont les États-Unis, trouvent insuffisantes les réponses données par le constructeur aéronautique à leurs questions. Boeing doit donc revoir sa copie, cela compromet la reprise des vols espérée en décembre, traditionnellement un moment de forte activité aérienne.

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