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Cameroun: une application pour irriguer son champ par SMS

Par Stanislas Ndayishimiye

Ingénieur en génie électrique et expert en énergie renouvelable, le Camerounais Erik Gyslain Tiam Dzembouong a développé l’application Agropad, qui permet aux agriculteurs d’irriguer leurs champs à distance par simple SMS.

Après sa formation en énergies renouvelables à Séoul en Corée du Sud, Erik Gyslain Tiam Dzembouong a décidé de rentrer dans son pays d’origine, le Cameroun, avec une idée en tête : développer le projet Agropad afin de résoudre le problème d’irrigation dans sa région. « Après ma formation, on m’a proposé plusieurs contrats très alléchants ! J’ai refusé, contre l’avis de mes parents qui misaient sur moi, en disant que "comme tu es à l’étranger, travailles et tu nous envoies l’argent pour qu’on puisse améliorer nos conditions de vie ici», explique-t-il.

Mais le jeune ingénieur pense qu’au-delà de sa famille, il peut participer à l’amélioration des conditions de travail dans l’agriculture, avec une solution pour l’irrigation. Une idée directement inspirée de ses années d’enfance. « On nous réveillait de bonne heure pour aller arroser et en soirée on faisait pareil. Si on n’arrosait pas le matin, on n’avait pas droit à l’argent des beignets. En grandissant, je me demandais ce que je pouvais faire pour résoudre ce problème », se souvient Erik Gyslain Tiam Dzembouong.

« Un prototype qui a déjà fonctionné »

Une solution qui est donc le fruit de plusieurs années de réflexion. Le fonctionnement de son invention est simple. « Agropad, une fois installée dans une plantation, permet aux agriculteurs de piloter le système d’irrigation à partir du téléphone portable, grâce à une application mobile et grâce aux SMS. »

Erik Gyslain Tiam Dzembouong affirme que sa solution est opérationnelle. « Nous avons un prototype qui a déjà fonctionné. Nous avons été contactés par une association constituée de 26 femmes. On a fait une descente sur le terrain, on a analysé le sol et on a installé le système d’irrigation complet. Et c’est fonctionnel. Pour la première fois au Cameroun, elles ont pu récolter des pastèques en février, au moment où les sols sont arides. On a pu effectuer les pompages solaires et la redistribution par l’Agropad, grâce au téléphone portable. » 

Des investisseurs qui restent à conquérir

Comme d’autres jeunes pousses, spécialement en Afrique francophone, Agropad n’a pas encore atteint le stade d’attirer les investisseurs, qui ne manquent pas aujourd’hui sur le continent. Il y a par exemple le fonds de capital-risque Outlierz Ventures, créé en 2017 pour investir dans les startups. Pour son activité, la taille de l’entreprise n’est pas le critère principal. « Ce n’est pas une question de millions d’investissement, c’est plutôt un stade de maturité de l’entreprise », nuanceKenza Lahlou, fondatrice et co-gérante du fonds.« Il faut qu’elle ait un produit sur le marché, avec un peu de traction, c’est-à-dire les premiers clients, un petit peu de chiffre d’affaires et montrer sa croissance et la pérennité de son modèle. »

Agropad ne remplit pas encore les critères d’investissement d’Outlierz Ventures. Erik Gyslain Tiam Dzembouong a déjà bénéficié jusqu’ici du soutien d’une banque française. L’an passé, il a reçu le 2e prix du concours RFI Challenge App Afrique, organisé en partenariat avec la Société Générale.

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