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Élus au Parlement européen, ces «députés fantômes» attendent le Brexit

Par Alexis Rosenzweig

C'est l'une des conséquences paradoxales du Brexit : le cas des eurodéputés fantômes. « Fantômes », parce qu’il s’agit de 27 candidats qui ont été élus dans différents pays lors des dernières élections européennes, mais qui ne pourront siéger que le jour où le Royaume-Uni sortira effectivement de l’Union. Reportage à  Bratislava.

L'une de ces « députés fantômes » s’appelle Miriam Lexmann et elle garde le sourire. Néanmoins, elle commence à être passablement agacée par la situation peu enviable dans laquelle elle se trouve, malgré son élection lors du dernier scrutin européen en mai 2019. Une situation qu’elle résume en une formule, le « paradoxe Lexmann ». Élue sur une liste pro-européenne, elle n’a jamais été en faveur du Brexit – qu’elle considère n’apporter rien de bon -  mais aujourd’hui, seul ce Brexit peut lui permettre d’obtenir enfin gain de cause et de siéger au Parlement européen. Son cas est d’autant plus paradoxal qu’elle a été lésée par une loi électorale slovaque mal rédigée et que ce mandat bizarre de député fantôme aurait dû revenir au candidat d’un autre parti.

Après le Brexit, le nombre total de députés européens doit baisser, mais sur les 73 sièges britanniques, 27 ont été réattribués à certains pays de l’Union, dont la Slovaquie.

Un statut bâtard

Les « députés fantômes » ne sont pas rémunérés et c’est une situation un peu bancale. D’autant que les informations contradictoires concernant le Brexit sont quotidiennes et que les choses sont susceptibles d’évoluer. Miriam Lexmann avait démissionné de son précédent poste dans une ONG à Bruxelles pour pouvoir faire campagne et aujourd’hui elle se retrouve à Bratislava sans ressources, bien qu’elle soit élue. En tout cas en théorie, et son mandat, même « fantomatique », ne lui permet pas de reprendre son précédent poste à cause d’un potentiel conflit d’intérêts.

Pour elle, ce n’est pas tenable sur la durée, donc elle suit avec la plus grande attention les différentes déclarations de Boris Johnson et attend de voir si elle sera effectivement députée européenne le 31 octobre prochain, la date fixée par le Premier ministre britannique.

Des contacts timides

Il n’y a pas encore de « groupe » de députés fantômes, mais Miriam Lexmann a eu l’occasion de rencontrer des élus dans son cas, notamment un élu estonien qui attend lui aussi, comme elle dit, « sur le banc des remplaçants ». Ce qui semble les agacer le plus dans tout ça, en plus d’une situation personnelle en suspens, c’est le fait que les décisions importantes qui sont prises actuellement au Parlement européen sont votées par de nombreux eurodéputés britanniques hostiles à l’Union européenne (et qui veulent la quitter), alors que ces députés fantômes ne peuvent participer ni aux débats ni aux votes.

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